On vit dans un monde ultra-connecté, mais beaucoup de gens se sentent seuls, pressés, fatigués, parfois un peu cassés. On parle de performance, de productivité, d’efficacité… mais pas souvent d’humanité.
Pourtant, la vraie question, au fond, c’est : comment on fait pour vivre un peu plus humainement, pour soi et pour les autres ?

Je ne parle pas de grandes théories, mais de choses concrètes, à hauteur de journée normale.

Quand tout va vite, on ne voit plus les personnes, on ne voit plus que des fonctions :
le caissier, la collègue, le livreur, le prof, l’agent d’entretien, le voisin…

Rendre nos vies plus humaines, ça commence par un truc tout bête :
se rappeler que chaque personne en face de nous a une histoire, des galères, des espoirs, des peurs.

Concrètement :

  • regarder les gens dans les yeux quand on leur parle,
  • dire « bonjour », « merci », « bonne journée » avec un minimum de sincérité,
  • éviter de parler aux gens comme à des objets (« fais-moi ça », « dépêche-toi »…).

Ce n’est pas grand-chose, mais c’est comme remettre un prénom là où tout devient anonyme.

On est nombreux à parler, beaucoup moins à écouter.
Souvent, on attend juste notre tour de répondre.

Rendre la vie plus humaine, c’est savoir offrir à quelqu’un un espace où il peut déposer ce qu’il vit sans se faire juger ni couper la parole toutes les deux minutes.

Ça peut être :

  • laisser un ami vider son sac sans tout ramener à soi,
  • écouter un ado qui ne trouve pas ses mots sans se moquer,
  • laisser quelqu’un être triste sans lui balancer : « Allez, ça va passer ».

L’écoute, ce n’est pas résoudre les problèmes, c’est dire : « Tu n’es pas seul avec ça. »

On nous vend beaucoup l’idée qu’il faut « penser à soi d’abord », « se protéger », « se prioriser ». Oui, c’est important de prendre soin de soi. Mais si tout le monde ne pense plus qu’à soi, ça devient vite invivable.

Rendre le monde plus humain, c’est redécouvrir le « nous » :

  • faire équipe en famille au lieu que tout repose sur une seule personne,
  • proposer de l’aide spontanément (porter un sac, expliquer une démarche, accompagner quelqu’un),
  • prendre le temps d’intégrer la personne nouvelle dans un groupe au lieu de la laisser sur le côté.

On sous-estime la puissance d’un simple « tu veux venir avec nous ? ».

On est dans une société qui adore ce qui est « fort », « solide », « au top ».
Le problème, c’est que personne ne l’est tout le temps.

Rendre nos vies plus humaines, c’est :

  • arrêter de faire semblant d’aller bien tout le temps,
  • dire parfois : « Là, je ne gère pas »,
  • accepter que les autres aient leurs limites sans les traiter de « nuls » ou de « fragiles ».

Plus on autorise les gens à être humains (fatigués, perdus, imparfaits), moins on crée de pression, de honte, de mal-être caché.

Les mots, ça construit ou ça détruit. On s’y habitue, mais les phrases qui piquent laissent des traces.

On peut rendre le monde plus humain juste en faisant un peu plus gaffe à ce qu’on dit :

  • éviter les humiliations gratuites, même « pour rigoler »,
  • dire quand on apprécie quelqu’un, pas seulement quand ça ne va pas,
  • apprendre à dire « je suis désolé » au lieu de toujours se justifier.

Un « désolé, j’ai été dur avec toi tout à l’heure » peut changer une journée entière pour quelqu’un.

Une vie plus humaine, ce n’est pas une vie où l’on coche 50 cases par jour.
C’est une vie où l’on a encore un peu de temps pour :

  • cuisiner et manger avec quelqu’un,
  • marcher sans avoir les yeux vissés sur le téléphone,
  • jouer avec un enfant sans regarder l’heure toutes les deux minutes,
  • parler vraiment le soir au lieu de seulement scroller.

Ce n’est pas toujours possible longtemps, mais même de courts moments « vraiment présents » valent mieux qu’une journée entière en mode pilote automatique.

Rendre le monde plus humain, ce n’est pas être « gentil » au sens mou du terme.
C’est aussi oser :

  • dire quand quelque chose nous blesse, mais calmement,
  • poser des limites quand on nous manque de respect,
  • refuser des comportements toxiques au travail, à l’école, en famille.

Plus on apprend à se parler franchement sans se massacrer, plus les relations respirent.

On peut vite se dire : « Le monde va trop mal. À mon échelle, ça ne sert à rien. »
Sauf que le monde, ce n’est que des morceaux de vie additionnés.

Rendre la vie plus humaine, ça peut commencer aujourd’hui par :

  • envoyer un message à quelqu’un qui traverse une période compliquée,
  • prendre le temps de discuter deux minutes avec une personne isolée,
  • remercier quelqu’un pour un truc qu’il fait tous les jours et qu’on trouve « normal ».

On ne changera pas tout, mais on peut améliorer un coin de réalité, là où on est.
Et si chacun s’y met, même un peu, l’ambiance générale change.

Au fond, rendre nos vies et le monde plus humains, ce n’est pas inventer quelque chose de nouveau.
C’est remettre au centre ce qu’on sait déjà mais qu’on oublie facilement :
on a besoin les uns des autres,
on a tous une valeur, même quand on n’est pas « performant »,
et chaque journée est une occasion de faire un peu moins mal, et un peu plus de bien, autour de nous.

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