Frères et sœurs,

On vient d’entendre un texte très court, mais ultra connu, parce qu’on le répète à chaque messe.
Le prêtre montre l’hostie et dit :
« Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. »

Tellement on l’entend, on peut ne plus faire attention.
Essayons de le reprendre comme si on l’entendait pour la première fois.

Jean-Baptiste ne dit pas :
« Je vais vous expliquer une religion »,
ni : « je vais vous donner des règles ».

Il dit : « Voici ».
Il montre quelqu’un. Il désigne Jésus.

C’est comme quand tu dis à un ami :
« Attends, il faut que tu rencontres cette personne,
elle peut vraiment t’aider, elle peut te comprendre. »

La foi, ce n’est pas d’abord :

  • des idées,
  • des valeurs,
  • des dogmes,

c’est d’abord une rencontre avec une personne vivante.

Dans notre vie de tous les jours, ça change tout :

  • Ce n’est pas « je dois être un bon chrétien pour cocher des cases »,
  • mais « j’essaie de vivre avec Jésus, parce qu’il est là, présent, et qu’il me connaît. »

On peut se poser une question simple :
Est-ce que je laisse encore Jésus se présenter à moi ?
Ou bien je fonctionne en mode automatique : messe, prières… sans trop me demander qui est vraiment là devant moi ?

Ça peut être un petit temps de silence dans la journée :

  • dans le bus,
  • en marchant,
  • avant de dormir,

où je dis juste :
« Seigneur, me voilà… présente-toi, toi aussi. »

Jean ne dit pas :
« Voici le costaud de Dieu »,
« le chef de Dieu »,
« le juge de Dieu ».

Il dit : « l’Agneau de Dieu ».

Un agneau :

  • ça ne fait pas peur,
  • ça ne rugit pas,
  • ça n’écrase personne.

Dieu se présente en Jésus comme quelqu’un de doux, vulnérable, accessible.

Dans nos vies, on peut avoir peur de Dieu :

  • peur d’être jugé,
  • peur de ne pas être à la hauteur,
  • peur de décevoir.

L’Évangile nous dit :
Dieu vient à nous sous la forme d’un agneau, pas d’un lion.
Il ne vient pas pour nous écraser, mais pour se laisser approcher.

Très concrètement :

  • Quand tu n’oses plus prier parce que tu as l’impression d’avoir raté,
    redis-toi : « J’ai en face de moi un Agneau, pas un bourreau. »
  • Quand tu viens à la messe un peu en vrac, épuisé, dispersé,
    Jésus n’est pas étonné ni choqué : il se donne à toi tel que tu es, aujourd’hui.

Et nous, avec les autres, est-ce qu’on ressemble un peu à cet Agneau ?

  • Dans la façon de parler aux enfants,
  • de répondre quand on est fatigué,
  • de gérer un conflit au travail ou en famille…

Est-ce que les gens peuvent se dire :
« Avec lui, avec elle, je ne risque pas de me faire exploser,
je peux être moi-même » ?

Jean dit : « qui enlève le péché du monde ».

Le « péché du monde », ce n’est pas juste « les bêtises des autres ».
C’est tout ce qui, dans nos vies et dans la société, abîme l’humain :

  • les violences,
  • les mensonges,
  • les trahisons,
  • les addictions,
  • le manque de pardon,
  • la honte qui colle à la peau.

Dans le quotidien, ça ressemble à :

  • ce reproche qu’on ressasse depuis 10 ans,
  • cette habitude qu’on n’arrive pas à changer et qui abîme notre couple, notre famille,
  • ces paroles blessantes qu’on regrette mais qu’on ne sait pas réparer,
  • ce regard sur soi : « Je suis nul, je ne vaux rien. »

Jésus ne vient pas juste pour dire :
« Bon, faites un effort, soyez gentils. »
Il vient pour porter ce poids avec nous et pour nous.

Quand on dit à la messe :
« Agneau de Dieu, qui enlèves le péché du monde, prends pitié de nous »,
on pourrait traduire dans un langage très simple :
« Seigneur, il y a trop de choses qui me dépassent.
Tout seul, j’y arrive pas.
Portes-en une partie avec moi. Enlève ce qui m’écrase. »

On peut se poser deux questions très concrètes :

  • Qu’est-ce qui, en ce moment, pèse lourd dans ma vie ?
    Une culpabilité ? Une habitude ? Une relation compliquée ?
  • Est-ce que j’ose vraiment présenter ça à Jésus,
    ou est-ce que je me contente de lui montrer ce qui est « présentable » ?

Deux fois, Jean dit :
« Je ne le connaissais pas. »

Pourtant, Jésus est son cousin,
ils ont la même culture, la même foi, le même peuple.

Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que même quelqu’un de très croyant, très impliqué,
peut encore découvrir un visage nouveau de Jésus.

Dans notre vie :

  • on peut être chrétien depuis toujours,
  • on peut prier, servir, venir à la messe,

et pourtant… on n’a pas fini de le connaître.

Parfois, on croit déjà savoir :

  • « Dieu, c’est comme ci, comme ça »,
  • « Moi, je suis comme ça, point final »,

et l’Esprit Saint voudrait nous faire découvrir autre chose.

Par exemple :

  • Tu crois que Dieu est surtout exigeant ? Il veut peut-être te faire découvrir sa tendresse.
  • Tu te vois comme quelqu’un de « moyen », sans grande valeur ? Il veut te montrer combien tu es précieux.
  • Tu l’as toujours prié comme un juge lointain ? Il veut peut-être se révéler comme un ami très proche.

On peut lui dire simplement :
« Seigneur, je crois te connaître, mais je te laisse me surprendre.
Montre-moi qui tu es, là, dans ce que je vis aujourd’hui. »

Jean termine par :
« J’ai vu, et je rends témoignage. »

Il pourrait se taire, garder ça pour lui,
mais non : ce qu’il a vu le pousse à parler, à pointer Jésus.

Pour nous, « rendre témoignage », ce n’est pas forcément :

  • faire des grands discours,
  • ou partir à l’autre bout du monde.

C’est d’abord laisser se voir, dans notre façon de vivre,
que nous connaissons l’Agneau de Dieu.

Concrètement, ça passe par des choses très simples :

  • au travail : ne pas écraser les autres pour réussir, ne pas participer aux médisances,
  • en famille : savoir demander pardon, reconnaître quand on a été dur,
  • avec les amis : ne pas se moquer de celui qui est un peu à part, oser le défendre,
  • avec les pauvres, les fragiles, les malades : prendre un peu de temps, un regard, un mot.

Si quelqu’un te regardait vivre sans savoir que tu es chrétien,
pourrait-il deviner, ne serait-ce qu’un peu,
que tu connais un Dieu qui est agneau,
un Dieu de douceur, de pardon, de patience ?

Ce n’est pas une perfection qu’on te demande,
mais une direction :
marcher petit à petit dans ce style-là.

Dans quelques instants, le prêtre élèvera l’hostie et dira :
« Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. »

Ce n’est pas une phrase « religieuse » de plus.
C’est :

  • Jean-Baptiste qui nous parle encore,
  • l’Église qui nous montre Jésus,
  • Dieu qui nous dit :
    « Le voilà, celui qui peut porter ton poids,
    qui ne te juge pas,
    qui veut te faire grandir. »

Alors aujourd’hui, on peut simplement lui dire, dans un langage tout simple, au fond du cœur :

« Jésus, Agneau de Dieu,
me voici comme je suis, avec ce qui va et ce qui ne va pas.
Porte avec moi ce qui me dépasse,
enlève ce qui m’éloigne de toi et des autres,
et apprends-moi, jour après jour,
à te ressembler un peu dans ma manière de vivre. »

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