On s’attend souvent à ce que « miracle » rime avec spectaculaire : une maladie qui disparaît d’un coup, un accident évité de justesse, une apparition incroyable…
Du coup, on se dit facilement : « Moi, j’en vois jamais, des miracles. Dieu doit être plus actif ailleurs… »

Et si on s’était trompé de décor ?
Et si la plupart des miracles de Dieu passaient par des gestes tellement simples qu’on ne les voit même plus ?

Dans l’Évangile, Jésus fait de grands miracles, c’est vrai. Mais si on regarde bien, il passe surtout son temps à faire des choses très simples :

  • il écoute,
  • il touche un lépreux,
  • il s’arrête pour parler avec une femme rejetée,
  • il s’invite à manger chez quelqu’un,
  • il prend un enfant dans ses bras.

À l’époque, ça ne faisait pas la une des journaux. Mais pour ceux qui le vivaient, c’était énorme.

Ça veut dire quoi pour nous ?
Que Dieu n’agit pas seulement dans l’exceptionnel, mais dans l’ordinaire. Dans le verre d’eau offert, le coup de fil passé, le SMS envoyé au bon moment, le « pardon » risqué, le « merci » qui libère.

On a tous connu ça, sans forcément mettre le mot « miracle » dessus :

  • Tu passes une sale journée, tu te sens nul, et quelqu’un te dit une phrase toute simple :
    « Tu sais, je suis content que tu sois là. »
    Rien d’extraordinaire… mais à l’intérieur, ça se rallume. Tu repars un peu plus droit.
  • Tu es au bord du craquage, et une personne prend juste le temps de t’écouter vraiment, sans te juger.
    Tes problèmes ne disparaissent pas, mais tu te sens moins seul. Pour ton cœur, c’est un petit miracle.
  • Tu as blessé quelqu’un. Tu regrettes, mais tu as honte, tu as peur. Tu t’excuses, et au lieu de te fermer la porte, l’autre te pardonne.
    Ça aussi, c’est un miracle : la miséricorde au lieu de la rancune.

On pense que les miracles, c’est surtout Dieu qui agit « tout seul ».
Mais dans la Bible, Dieu aime passer par des mains humaines, par des visages humains, par des gestes tout bêtes.

Le Saint-Esprit, ce n’est pas seulement pour les grands saints et les grandes célébrations.
C’est Lui qui, au milieu d’une journée banale, te souffle :

  • « Appelle ta grand-mère »
  • « Rentre en parlant calmement, pas en criant »
  • « Va t’excuser »
  • « Va parler à celui qui est tout seul »

Si tu écoutes ce petit mouvement intérieur, ce léger « tilt » en toi, tu deviens le lieu d’un miracle pour quelqu’un.

Parce qu’au fond, c’est quoi un miracle ?
C’est quand l’amour de Dieu arrive dans une situation où, humainement, il ne devait plus y avoir d’amour.
Et ça, ça passe très souvent par des choses toutes simples.

Jésus nous a laissé un mode d’emploi très concret dans Matthieu 25 :

  • donner à manger,
  • donner à boire,
  • vêtir,
  • visiter,
  • accueillir…

Ce n’est pas spectaculaire, ce n’est pas compliqué, ce n’est pas « réservé aux pros ».
C’est à portée de main.
Mais pour celui qui reçoit, ça peut être une vraie résurrection intérieure.

Un sourire à quelqu’un qui se sent invisible,
un « tu comptes pour moi » à quelqu’un qui se croit de trop,
une invitation à manger à quelqu’un qui mange toujours seul…
On ne va pas dire ça aux infos, mais au ciel, ça fait la fête.

Dans un monde où :

  • chacun court pour lui,
  • on est vite blasé,
  • on zappe tout ce qui ne nous arrange pas,

continuer à poser des gestes d’attention, de douceur, de patience,
c’est déjà aller à contre-courant.
C’est déjà un miracle de l’Esprit.

Quand, au lieu de répondre par la violence, tu choisis la douceur,
quand, au lieu de t’enfermer dans ta bulle, tu ouvres un peu ton temps,
quand, au lieu de dire « ça ne me regarde pas », tu t’arrêtes pour aider quelqu’un…
tu laisses Jésus passer par toi.

On peut se poser des questions très simples :

  • Quel « petit » geste m’a fait du bien cette semaine ? Est-ce que j’y reconnais quelque chose de Dieu ?
  • Qui, autour de moi, a besoin d’un miracle de douceur, de présence, de pardon ?
  • Quel micro-geste je peux poser aujourd’hui, là où je suis, pour qu’un peu plus de lumière passe ?

On n’a pas tous le pouvoir de marcher sur l’eau.
Mais on a tous le pouvoir de traverser la rue pour aller vers quelqu’un.
On n’a pas tous le don de guérir les maladies.
Mais on peut tous soigner un cœur par une parole, une écoute, une main posée sur une épaule.

Peut-être que le ciel ne nous demandera pas :
« Combien de grands miracles as-tu vus ? »
mais plutôt :
« Combien de fois as-tu laissé mon amour passer par tes gestes simples ? »

Alors oui, les miracles existent.
Ils s’appellent :
« Bonjour »,
« Merci »,
« Pardon »,
« Je t’écoute »,
« Je suis là si tu as besoin »,
« Tu comptes pour moi ».

Et si, en les vivant, on laissait Dieu faire du spectaculaire…
dans l’ordinaire.

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