L’Evangile

« Le Fils de l’homme a autorité pour pardonner les péchés sur la terre » (Mc 2, 1-12)

Alléluia. Alléluia.
Un grand prophète s’est levé parmi nous,
et Dieu a visité son peuple.
Alléluia. (Lc 7, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Quelques jours après la guérison d’un lépreux,
Jésus revint à Capharnaüm,
et l’on apprit qu’il était à la maison.
    Tant de monde s’y rassembla
qu’il n’y avait plus de place, pas même devant la porte,
et il leur annonçait la Parole.
    Arrivent des gens
qui lui amènent un paralysé,
porté par quatre hommes.
    Comme ils ne peuvent l’approcher à cause de la foule,
ils découvrent le toit au-dessus de lui,
ils font une ouverture,
et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé.
    Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé :
« Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. »
    Or, il y avait quelques scribes, assis là,
qui raisonnaient en eux-mêmes :
    « Pourquoi celui-là parle-t-il ainsi ?
Il blasphème.
Qui donc peut pardonner les péchés,
sinon Dieu seul ? »
    Percevant aussitôt dans son esprit
les raisonnements qu’ils se faisaient,
Jésus leur dit :
« Pourquoi tenez-vous de tels raisonnements ?
    Qu’est-ce qui est le plus facile ?
Dire à ce paralysé :
“Tes péchés sont pardonnés”,
ou bien lui dire :
“Lève-toi, prends ton brancard et marche” ?
    Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme
a autorité pour pardonner les péchés sur la terre…
– Jésus s’adressa au paralysé –
     je te le dis, lève-toi,
prends ton brancard, et rentre dans ta maison. »
    Il se leva, prit aussitôt son brancard,
et sortit devant tout le monde.
Tous étaient frappés de stupeur
et rendaient gloire à Dieu, en disant :
« Nous n’avons jamais rien vu de pareil. »

Sa réflexion

On peut imaginer la scène comme aujourd’hui : Jésus est « chez lui », la maison est pleine à craquer, plus de place, les gens débordent jusque dehors. Un peu comme quand on essaie de rentrer dans le métro à l’heure de pointe ou dans une salle de concert déjà blindée : impossible de passer.

Au milieu de ça, il y a un homme paralysé. On ne sait pas s’il parle, s’il se plaint, s’il a encore de l’espoir. Mais on sait une chose : il a des amis. Et pas des amis de façade. Des amis qui se fatiguent pour lui, qui portent son poids, qui ne se découragent pas, qui trouvent une solution quand tout a l’air bouché.

Ils ne peuvent pas entrer par la porte ? Ils montent sur le toit. Ils ne peuvent pas passer par l’escalier normal ? Ils démontent le toit. Ils font un trou. On pourrait presque entendre les gens en bas râler : « Non mais ça va pas ?! ».
Et Jésus, lui, ne s’énerve pas. L’évangile dit : « Voyant leur foi… ».
Le premier truc qui touche Jésus, ce n’est pas un grand discours religieux, c’est l’amitié, la persévérance, l’audace.

Dans nos vies, on est souvent soit :

  • le paralysé : bloqué par quelque chose (peur, fatigue, échec, dépendance, manque de confiance en soi, blessure du passé…),
  • soit parmi les quatre amis : ceux qui portent, qui soutiennent, qui insistent.

Parfois on veut être fort, autonome, tout gérer tout seul, mais cet évangile rappelle une vérité simple : on a besoin des autres.
On a tous des moments où on n’y arrive plus. Et on a besoin de quelqu’un qui nous porte en prière, en amitié, en présence. Parfois c’est un ami qui écoute sans juger, un proche qui nous emmène consulter, une personne qui dit : « Viens, tu ne restes pas seul. »

Et parfois, c’est nous qui sommes appelés à être ces amis-là :

  • ceux qui ne se contentent pas de dire : « Courage, je prie pour toi », mais qui se bougent vraiment ;
  • ceux qui cherchent un autre chemin quand la « porte » est fermée ;
  • ceux qui n’ont pas peur de déranger un peu, de « casser le toit » des habitudes pour aider quelqu’un.

Un autre point fort du texte : Jésus commence par dire au paralysé :
« Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. »
L’homme vient pour être guéri de sa paralysie, et Jésus commence par guérir son cœur. Il va à la racine.
Dans la vie quotidienne, on cherche souvent la solution visible : que le problème disparaisse, que la situation change tout de suite. Jésus, lui, s’occupe d’abord de l’intérieur : la culpabilité, la honte, le sentiment de ne pas valoir grand-chose…
Comme si Jésus disait : « Avant de te remettre debout extérieurement, je veux te remettre debout à l’intérieur. Tu es pardonné, tu es aimé, tu as de la valeur. »

Les spécialistes de la Loi, eux, sont choqués : « Il blasphème ! Qui peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? »
Eux, ils sont là, assis, en train d’observer, de juger, de critiquer.
L’évangile nous met devant ce choix :

  • est-ce que je suis du côté de ceux qui portent, qui ouvrent un passage pour les autres ?
  • ou du côté de ceux qui restent assis à commenter de loin, à critiquer, sans jamais se mouiller ?

Dans notre quotidien, au travail, en famille, dans nos groupes, on peut être l’un ou l’autre :

  • celui qui trouve toujours ce qui ne va pas, qui juge, qui soupçonne,
  • ou celui qui se met à côté des plus fragiles, même si ça complique sa vie.

À la fin, Jésus dit : « Lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi. »
Le signe est concret. L’homme repart, avec son brancard sous le bras. Il ne l’abandonne pas : il porte ce qui, avant, le portait.
C’est un peu ce qui peut se passer dans nos vies : nos épreuves ne disparaissent pas toujours, mais on peut les porter autrement. Ce qui nous écrasait peut devenir une force, un témoignage, quelque chose qui nous rend plus humains.

Ce texte, dans notre vie de tous les jours, pose quelques questions très simples :

  • Qui sont, aujourd’hui, mes « quatre amis », ceux qui me portent quand je ne peux plus avancer ?
  • Et moi, pour qui suis-je prêt à démonter un « toit » ? Pour qui suis-je prêt à me compliquer la vie ?
  • Est-ce que je laisse Jésus toucher aussi ce qui est invisible en moi : culpabilité, blessures, pardons à recevoir ou à donner ?
  • Est-ce que je suis plutôt dans l’accueil, le soutien… ou dans la critique et le jugement ?

On n’a pas tous un miracle spectaculaire, mais on peut tous vivre un petit morceau de cette scène :

  • en acceptant d’être aidé,
  • en osant aider vraiment quelqu’un,
  • en laissant Dieu nous dire, au cœur de nos paralysies : « Lève-toi. Tu peux te remettre en route. Je suis avec toi. »

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