
On nous a souvent appris, plus ou moins clairement, que pour « réussir sa vie », il fallait être fort, performant, sûr de soi. Résultat : on passe beaucoup de temps à essayer de cacher ce qui ne va pas, à maquiller nos erreurs, à faire comme si tout roulait.
Pourtant, une vraie force se cache derrière une attitude simple : reconnaître ses faiblesses et ses erreurs.
Admettre qu’on a peur, qu’on ne sait pas, qu’on s’est trompé, ça peut donner l’impression de perdre la face. Mais en réalité, c’est l’inverse qui se passe :
- Quand quelqu’un dit : « Là, je ne gère pas », on se dit rarement : « Quel nul ».
On pense plutôt : « Ok, c’est honnête, c’est clair, je peux lui faire confiance. » - Faire le fort en permanence, ça finit par sonner faux. On le sent bien chez les autres… et les autres le sentent aussi chez nous.
Reconnaitre ses limites, ce n’est pas dire : « Je ne vaux rien »,
c’est dire : « Je ne suis pas parfait, et c’est normal. »
Dans un couple, une famille, une équipe de travail, on le voit vite :
- Celui qui n’a « jamais tort » épuise tout le monde.
- Celui qui est capable de dire : « Là, j’ai déconné », apaise les tensions.
Dire « je me suis trompé » :
- désamorce les conflits,
- montre qu’on n’est pas dans l’ego,
- ouvre la porte au dialogue au lieu de la fermer.
Paradoxalement, on fait plus confiance à quelqu’un qui est capable de reconnaître une erreur qu’à quelqu’un qui prétend ne jamais en faire.
Tant qu’on refuse de voir ce qui cloche, rien ne change. On tourne en rond.
- Si je ne reconnais jamais que je parle mal aux autres,
je vais juste accumuler des tensions et me dire que « les gens sont susceptibles ». - Si je ne vois pas que je procrastine,
je vais continuer à m’inventer des excuses plutôt qu’à changer mon organisation. - Si je n’avoue pas que j’ai un problème avec l’alcool, le boulot, les écrans,
je vais laisser le problème prendre toute la place.
Mettre des mots sur ses faiblesses, ce n’est pas se condamner,
c’est poser un diagnostic. Et sans diagnostic, pas de traitement.
Aujourd’hui, tout le monde donne son avis sur tout. On commente, on affirme, on tranche. Dire « je ne sais pas » est presque devenu choquant.
Pourtant, il y a une réelle richesse à :
- dire en réunion : « Là, je n’ai pas la compétence, qui peut m’aider ? »
- avouer devant ses enfants : « Je me suis trompé, j’ai réagi trop vite. »
- reconnaître devant un ami : « Sur ce coup-là, j’ai été blessant. »
Ce n’est pas une faiblesse, c’est de la maturité.
On sort du rôle. On devient vrai.
Reconnaître ses faiblesses ne veut pas dire se détester.
La clé, c’est la manière dont on se parle intérieurement.
Il y a une différence entre :
- « J’ai fait une erreur »
et - « Je suis une erreur »
La première phrase ouvre une porte : je peux apprendre, réparer, évoluer.
La seconde ferme tout : elle enferme dans la honte.
Se dire la vérité sur soi, ce n’est pas se juger,
c’est accepter de se voir en entier :
avec ce qui va bien, ce qui est en chantier, ce qui est vraiment compliqué.
Reconnaître ses faiblesses et ses erreurs, aujourd’hui, ça peut être :
- Envoyer un message :
« Je t’ai parlé sèchement hier, je suis désolé. » - Dire à son équipe :
« Mon organisation n’était pas bonne, on va faire autrement. » - Admettre à soi-même :
« Je suis jaloux / épuisé / dépendant / hypersensible,
et je dois apprendre à composer avec ça. » - Oser demander de l’aide :
à un ami, un pro, un collègue, au lieu de s’entêter.
Reconnaître ses faiblesses et ses erreurs, ce n’est pas se mettre plus bas que terre.
C’est accepter d’être humain, tout simplement.
C’est là que commence un vrai changement :
- on arrête de jouer un rôle,
- on devient plus libre,
- on devient plus fiable,
- et, étonnamment, plus fort.
Pas parce qu’on est parfait,
mais parce qu’on ose enfin être vrai.

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