
Paul, ermite, ce n’est pas un personnage de conte de fées.
C’est un homme du IIIᵉ siècle qui, pour échapper aux persécutions et aux conflits familiaux, s’est retiré dans le désert d’Égypte… et il y est resté plus de 80 ans.
Vu d’aujourd’hui, ça paraît complètement décalé :
- vivre seul,
- sans réseau,
- sans notifications,
- sans agenda surchargé.
Et pourtant, sa vie pose une question ultra-contemporaine :
qu’est-ce qui se passe en moi quand je ne fuis plus le silence ?
On vit dans un monde où le bruit est partout :
musique de fond, infos en boucle, réseaux sociaux, séries, podcasts.
On ne s’en rend même plus compte, mais on remplit chaque petit espace vide.
Dès qu’on a 30 secondes :
- on sort le téléphone,
- on scrolle,
- on vérifie quelque chose, même s’il n’y a rien de spécial à vérifier.
Paul, lui, a fait l’inverse :
il a choisi délibérément de s’éloigner du bruit, des tensions, du jeu social.
Non pas parce qu’il détestait les gens,
mais parce qu’il sentait qu’il avait besoin de se retrouver face à lui-même et face à Dieu.
Nous, on n’ira pas vivre 80 ans dans une grotte.
Mais sa question reste valable pour aujourd’hui :
Est-ce que je remplis tout mon temps de bruit parce que j’ai peur de ce que je pourrais entendre dans le silence ?
Le désert de Paul, c’était du sable, des rochers, une grotte.
Notre désert à nous, ça peut être beaucoup plus discret :
- un trajet sans musique ni téléphone,
- dix minutes le soir sans écran, juste pour souffler,
- une marche sans écouteurs,
- un temps seul où on accepte de ne pas être “productif”.
Le désert, ce n’est pas fuir le monde.
C’est un lieu — extérieur ou intérieur — où l’on arrête de se fuir soi-même.
Paul l’ermite nous rappelle quelque chose d’essentiel :
si je ne prends jamais le temps de m’écouter vraiment, je finis par vivre à côté de moi-même.
Paul a vécu une solitude extrême.
Mais son but n’était pas l’isolement par orgueil ou par rejet.
C’était un choix pour se recentrer, purifier son cœur, clarifier ce qui compte vraiment.
Aujourd’hui, on peut être entouré, hyper-connecté, et pourtant très seul intérieurement.
Et, à l’inverse, on peut s’accorder des moments de vraie solitude…
et se sentir plus ajusté aux autres, plus présent, plus disponible.
La question à se poser, c’est peut-être :
- Est-ce que ma solitude me détruit ou me construit ?
- Est-ce que j’en ai parfois peur au point de la fuir à tout prix ?
- Est-ce que je pourrais en faire un espace pour me poser, relire ma journée, accueillir ce que je ressens vraiment ?
La vie de Paul, c’était du très simple :
un abri, un peu de nourriture, de l’eau, la prière, le travail de ses mains.
On n’est pas obligés de tout plaquer, mais on peut s’inspirer d’un point :
la simplicité libère.
Moins je suis encombré :
- d’objets inutiles,
- d’activités qui ne me nourrissent pas,
- de relations purement superficielles,
plus j’ai de place intérieure pour ce qui compte :
les vraies rencontres, les engagements qui ont du sens, la paix, la créativité.
Paul l’ermite nous interroge :
De quoi ai-je vraiment besoin pour vivre… et de quoi pourrais-je me désencombrer ?
Paul n’a pas fait une “retraite spirituelle” de trois jours.
Il a tenu une vie entière dans son choix.
Ça nous parle dans un autre registre : celui de la fidélité.
Aujourd’hui, on change vite :
- de projet,
- de job,
- de relation,
- de lieu.
On a même parfois du mal à tenir une décision simple sur quelques semaines.
La figure de Paul rappelle l’importance :
- d’un cap,
- d’une cohérence,
- de petites fidélités au quotidien qui finissent par façonner une vie.
Pas besoin de copier sa radicalité,
mais on peut se demander :
À quoi, à qui est-ce que je veux être fidèle, vraiment ?
Et qu’est-ce que je peux poser de concret pour tenir dans le temps ?
Si Paul nous parlait aujourd’hui, son message pourrait ressembler à quelque chose comme :
- “N’aie pas peur du silence, il ne t’abîmera pas.
Il te montrera ce que tu évites, mais aussi ce qui est beau en toi.” - “Donne-toi des espaces pour respirer, sinon tu te perds dans le bruit.”
- “Accepte de vivre plus simplement : tu n’y perdras pas en profondeur.”
- “Choisis un cap, et reste-y fidèle, même quand ce n’est plus à la mode.”
Sa vie paraît extrême, mais elle met le doigt sur un besoin très actuel :
retrouver en soi un lieu de calme, de vérité, de simplicité,
au milieu d’un monde qui nous pousse à nous disperser.
On ne sera sans doute jamais des ermites dans le désert,
mais on peut devenir, un peu à sa manière,
des hommes et des femmes capables de silence intérieur,
de choix profonds,
et d’une vie un peu moins bruyante,
mais beaucoup plus habitée.
Re

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