Quand on regarde l’évangile de Marc (Mc 1, 29-39), on voit Jésus entrer dans une maison toute simple, une famille comme les autres, avec ses soucis comme les nôtres. La belle-mère de Simon est au lit, fiévreuse. Elle ne peut plus rien faire, plus à la hauteur, plus à sa place. Et Jésus fait un geste tout bête, tout simple : il s’approche, la prend par la main, et la fait lever.

Et là, quelque chose de très important se joue : elle n’est pas seulement guérie, elle est relevée. Elle retrouve la capacité de vivre, de servir, de tenir sa place dans la maison. Elle se remet à servir. Ce n’est pas de l’esclavage, ce n’est pas « la femme à la cuisine », c’est autre chose : c’est une femme qui retrouve assez de force pour aimer concrètement, pour être actrice de sa vie, et pas juste une malade qu’on contourne.

On n’est peut-être pas cloués au lit avec de la fièvre, mais combien de fois on se sent « couchés » à l’intérieur ?

  • Fatigué par le boulot, les études, la pression.
  • Écrasé par un échec, une rupture, un deuil.
  • Bloqué par une déception, une injustice, une blessure ancienne.
  • Envahi par cette phrase qui revient : « À quoi bon ? Je ne sers plus à rien. »

On continue à avancer, mais le cœur est à plat. On fait le minimum, on survit plus qu’on ne vit. On se compare aux autres, on se trouve nuls, « à côté de la plaque ». On a l’impression de ne plus tenir sa place : dans la famille, dans la paroisse, au travail, dans le couple, même vis-à-vis de Dieu.

Dans ce passage, Jésus vient précisément là :
dans cette zone de nous qui n’y arrive plus, qui est au lit, fiévreuse, fatiguée, découragée.

Regarde bien ce qu’il fait dans l’Évangile :

  • Il entre dans la maison : il ne reste pas dehors, il ne juge pas de loin.
  • Il s’approche : il ne se contente pas d’un regard compatissant.
  • Il prend par la main : il touche ce qui est fragile, vulnérable.
  • Il fait lever : il remet debout, il rend la personne capable.

C’est exactement ce qu’il veut faire aujourd’hui, dans ta vie.

Jésus ne vient pas d’abord te donner des phrases toutes faites du style :
« Allez, courage », « il faut positiver », « d’autres sont plus malheureux que toi ».
Non. Il vient te rejoindre là où tu es tombé, là où tu n’arrives plus à te lever tout seul.

Peut-être qu’aujourd’hui, ce geste de Jésus, tu le vois à travers :

  • Une parole qui te rejoint vraiment.
  • Une personne qui t’écoute sans te juger.
  • Un pardon qui se donne ou se reçoit.
  • Une confession vécue comme une vraie libération.
  • Une messe où enfin tu te sens parlé par l’Évangile.
  • Un appel intérieur à changer de route, de rythme, de choix.

Ce sont des manières très concrètes par lesquelles Jésus te prend par la main pour te relever.

Vivre, ce n’est pas juste respirer. C’est :

  • Retrouver le goût des choses simples.
  • Pouvoir se dire : « Ma vie a du sens, même avec mes blessures. »
  • Ne plus subir ses journées, mais y chercher une direction.

Jésus ne promet pas une vie facile, mais une vie habitée :
habitée par sa présence, par une espérance qui ne dépend pas de la météo, du salaire ou du regard des autres.

Dans l’Évangile, une fois relevée, la belle-mère de Simon « se mit à les servir ».
Le signe qu’elle est vraiment guérie, c’est qu’elle peut à nouveau aimer concrètement.

Servir, ce n’est pas être « inférieur ».
Servir, c’est la manière la plus concrète d’aimer.

Aujourd’hui, servir peut vouloir dire :

  • Être présent à quelqu’un plutôt que scotché à son téléphone.
  • Rendre un service sans attendre un « merci ».
  • Prendre soin d’un proche malade ou fragile.
  • T’engager dans ta paroisse, une association, un groupe de jeunes.
  • Faire ton travail honnêtement, comme un lieu où tu peux donner le meilleur de toi.

Quand Jésus te relève, il ne te relève pas juste « pour toi », il te relève pour les autres,
pour que ta vie devienne un don.

On a souvent du mal avec ça :
On se compare, on se sent de trop, pas assez bien, pas au bon endroit, pas au bon niveau.
On voudrait être ailleurs, être quelqu’un d’autre.

Jésus, lui, ne te demande pas d’être quelqu’un d’autre.
Il te remet à ta place :

  • Là où tu peux aimer aujourd’hui.
  • Là où ta parole compte.
  • Là où ton passage change quelque chose, même petit.

Ta place, ce n’est pas forcément spectaculaire, mais c’est la tienne.
Et Jésus te dit :
« Là où tu es, je peux passer à travers toi. Là où tu es, tu peux être lumière. »

Concrètement, qu’est-ce que tu peux faire à partir de tout ça ?

  1. Nommer ce qui est « alité » en toi
    Prendre un moment, en vérité, et dire à Jésus :
    • « Voilà ce qui est fatigué en moi. »
    • « Voilà où je n’arrive plus à aimer. »
    • « Voilà où je me sens inutile ou à côté de ma vie. »
  2. Lui tendre la main, même timidement
    Ça peut passer par :
    • Une prière simple, avec tes mots.
    • Un temps d’adoration, un moment silencieux devant le tabernacle.
    • Une confession, si tu sens que quelque chose te pèse.
    • Parler avec un prêtre, un ami croyant, quelqu’un de confiance.
  3. Accepter qu’il te relève pour les autres
    Lui dire :
    • « Seigneur, montre-moi aujourd’hui une personne à servir.
      Juste une. Un geste, une parole, un appel. »
      Et oser le faire, même petit.
  4. Demander la grâce de tenir ta place
    • « Seigneur, apprends-moi à aimer là où je suis,
      dans ma famille, mon couple, mon travail, ma paroisse.
      Donne-moi d’arrêter de me comparer et de croire que tu peux faire quelque chose de beau avec ma vie. »

Jésus n’est pas venu chercher des gens parfaits.
Il est venu relever des gens couchés, blessés, dépassés.
Il est venu rendre aux hommes et aux femmes la capacité de vivre, de servir, de tenir leur place.

Et aujourd’hui encore, il se penche sur toi.
Il ne te demande pas d’être fort, il te demande juste une chose :
laisse-le te prendre la main.

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