
On ne va pas tourner autour du pot :
la perfection, pour un être humain, c’est impossible.
Pas « difficile ».
Pas « réservé à quelques génies ».
Non : impossible.
Tu peux toujours faire mieux, toujours corriger, toujours peaufiner.
Il y aura toujours quelqu’un de plus fort, plus doué, plus beau, plus performant.
Et même si tu coches toutes les cases à un moment donné, la vie change, toi aussi, et tout est à réinventer.
Donc, si ton objectif, c’est d’être parfait, tu as signé pour une vie d’échec permanent.
Mais ça ne veut pas dire qu’il faut tout lâcher, se dire « bof » et faire n’importe quoi.
Le point important, ce n’est pas atteindre la perfection,
c’est tendre vers quelque chose qui te dépasse, qui t’élève, qui t’ouvre.
On pourrait le dire comme ça :
la vraie question, ce n’est pas « Suis-je parfait ? »,
mais « Vers quoi est-ce que je progresse ? »
On vit dans une époque où on doit être nickel partout :
- performant au boulot ou en cours
- présent pour les amis, la famille
- en forme physiquement
- au top sur les réseaux (photo, attitude, opinion)
- cultivé, informé, engagé, écolo, ouvert, zen…
Résultat : tu peux être objectivement « bien », et quand même te sentir nul.
Parce que tu ne regardes pas d’où tu viens, tu regardes seulement plus haut, plus loin, plus fort.
Tu passes ta vie à te comparer à des gens que tu ne connais même pas vraiment.
Et à force de viser la perfection, il se passe deux choses :
- Soit tu te dégoûtes de toi-même : jamais assez bien.
- Soit tu n’oses plus rien commencer : si ce n’est pas parfait, à quoi bon ?
Le perfectionnisme, ce n’est pas l’amour du travail bien fait.
C’est la peur panique de l’imperfection, du jugement, du regard des autres.
Si on lâche le fantasme de la perfection, il reste une autre piste :
tendre vers.
Tendre vers quoi ?
- Vers un peu plus de vérité avec toi-même.
- Vers plus de cohérence entre ce que tu penses, ce que tu dis et ce que tu fais.
- Vers un peu plus de bienveillance (pour les autres, mais aussi pour toi).
- Vers un meilleur usage de ce que tu es capable de faire.
Ce « tendre vers », c’est une direction, pas une destination.
Par exemple :
- Tu ne seras jamais la personne « idéale » dans ton couple ou ton amitié.
Mais tu peux tendre vers plus d’écoute, plus de respect, plus d’honnêteté. - Tu ne seras jamais le pro parfait dans ton boulot.
Mais tu peux tendre vers plus de sérieux, de compétence, de sens de l’équipe. - Tu ne seras jamais « la meilleure version de toi-même » figée pour toujours.
Mais tu peux, chaque année, chaque période, faire un petit pas pour devenir quelqu’un dont tu es un peu plus fier.
Ce qui compte, ce n’est pas la vitrine, c’est le mouvement.
Deux exemples très simples :
- Tu cours 10 minutes et tu es essoufflé ?
Si demain tu tiens 12 minutes, tu as progressé. Tu n’es pas un athlète, mais tu as avancé. - Tu t’énerves facilement ?
Si, dans une situation où tu aurais explosé, tu arrives à te taire 30 secondes de plus avant de répondre, c’est un pas. C’est petit, mais c’est réel.
La vie, ce n’est pas un examen où tu dois avoir 20/20.
C’est plutôt une sorte d’entraînement permanent :
tu tombes, tu apprends, tu ajustes, tu recommences.
On sous-estime beaucoup la force des petits progrès réguliers parce qu’ils ne sont pas « parfaits », pas spectaculaires.
Mais c’est eux qui transforment une vie sur le long terme.
Accepter que la perfection est impossible, ce n’est pas se résigner.
C’est apprendre à vivre avec tes zones fragiles, tes contradictions, tes limites.
Ça veut dire :
- Accepter que tu ne feras pas plaisir à tout le monde.
- Accepter que tu te tromperas encore, même en faisant de ton mieux.
- Accepter que tu ne seras jamais complètement « terminé ».
Et, paradoxalement, c’est là que tu deviens plus humain :
- Tu deviens plus indulgent avec les autres, parce que tu vois bien tes propres limites.
- Tu oses plus de choses, parce que tu sais que la perfection n’est pas le but.
- Tu respires mieux, parce que tu n’as plus à « jouer un rôle » en permanence.
Quelques pistes simples :
- Remplace « je dois être parfait » par « je veux progresser »
- Au lieu de : « Je dois réussir ça sans faute »,
essaie : « Je vais faire de mon mieux, et j’en tirerai une leçon pour la prochaine fois. »
- Au lieu de : « Je dois réussir ça sans faute »,
- Regarde d’où tu viens, pas seulement où tu voudrais être
- Fais le point : qu’est-ce qui a déjà changé en un an, en cinq ans ?
- Tu verras souvent que tu avances plus que tu ne le crois.
- Fixe-toi des pas, pas des sommets
- Pas : « Je veux être en super forme »
mais : « Je marche 20 minutes trois fois par semaine. » - Pas : « Je veux être toujours zen »
mais : « Quand je sens que je m’énerve, je prends deux grandes respirations avant de répondre. »
- Pas : « Je veux être en super forme »
- Accepte le droit à l’erreur
L’erreur, ce n’est pas la preuve que tu es nul.
C’est la preuve que tu es en train d’apprendre.
On pourrait résumer comme ça :
- La perfection, c’est un mirage qui te fait courir sans jamais arriver.
- Tendre vers quelque chose de plus grand, de plus juste, de plus humain,
ça, c’est à ta portée, tous les jours.
Tu ne seras jamais parfait.
Mais tu peux, aujourd’hui, être un peu plus vrai, un peu plus juste, un peu plus toi.
Et ça, franchement, c’est déjà énorme.

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