Quand on entend le mot “autorité”, on pense vite à quelqu’un qui commande, qui impose : les parents, les profs, le chef, la police…
Mais dans l’Évangile, quand on dit que Jésus parle “avec autorité”, ce n’est pas ça.
Ça veut dire : une parole qui fait vrai, qui touche le cœur, qui met debout, qui libère.

Alors la question devient :
Dans ma vie, qui a vraiment autorité ? Qui je laisse prendre la place de Jésus ? Qui tient le micro à l’intérieur de moi ?
Si on est honnête, souvent, l’autorité, ce n’est pas Dieu.
C’est plutôt :
- le regard des autres : “Qu’est-ce qu’ils vont penser de moi ?”
- la peur de décevoir, de ne pas être à la hauteur,
- les réseaux, les infos, les commentaires,
- des paroles anciennes qui ont blessé et qu’on se répète encore,
- ou cette petite voix intérieure qui casse tout :
“De toute façon, t’es nul… Tu n’y arriveras pas… Dieu en a marre de toi… Tu ne changeras jamais…”
Au fond, cette petite voix-là, c’est elle qui fait la loi.
Elle finit par avoir plus d’autorité que la Parole de Dieu.
Pourtant, Jésus, dans l’Évangile, montre une autre autorité.
Il ne crie pas plus fort que tout le monde, il ne écrase personne.
Mais quand il parle, quelque chose se passe :
- le cœur est touché,
- les chaînes tombent,
- ce qui était tordu commence à se redresser,
- celui qui était enfermé retrouve de l’air.
L’autorité de Jésus, c’est l’autorité de l’Amour vrai :
un amour qui ne flatte pas, mais qui libère ;
qui ne ment pas, mais qui relève.
Alors, concrètement, qui a autorité dans ma vie aujourd’hui ?
- Est-ce que c’est ma peur de manquer, ou bien la confiance que Dieu pourvoit ?
- Est-ce que c’est ma culpabilité, ou bien la miséricorde de Dieu ?
- Est-ce que c’est mon passé, ou bien la promesse que Dieu fait du neuf ?
- Est-ce que c’est l’Évangile, ou bien les “on dit” et les modes du moment ?
On peut se poser des questions très simples :
- Quand je dois prendre une décision, qui a le dernier mot : le confort, la peur, ou l’appel à aimer davantage ?
- Quand je tombe, qu’est-ce que je crois le plus : “Je suis foutu” ou “Dieu me relève encore” ?
- Quand je prie, est-ce que je laisse le Seigneur me parler, ou est-ce que je laisse plus de place à mes propres discours intérieurs ?
Donner autorité au Christ dans ma vie, ce n’est pas devenir un robot religieux.
C’est lui laisser la première place :
- dans mes choix,
- dans ma manière de regarder les autres et de me regarder,
- dans ma façon de gérer l’argent, le temps, les relations,
- dans ma manière de traverser l’épreuve.
Ça peut commencer très simplement :
- Lui dire en vérité :
“Seigneur, jusqu’ici, c’est souvent la peur, la honte, le regard des autres qui ont eu le dernier mot en moi.
Je veux que ce soit ta Parole qui ait autorité.
Apprends-moi à écouter ta voix plus que toutes les autres.” - Relire l’Évangile non pas comme un vieux texte, mais comme une parole adressée à moi aujourd’hui :
“Seigneur, qu’est-ce que tu veux me dire, là, maintenant ?” - Remettre à Jésus les phrases qui m’écrasent, et les remplacer par les siennes :
à “Tu n’es bon à rien”, répondre avec Lui : “Tu es précieux à mes yeux” ;
à “Tu ne changeras jamais”, répondre : “Voici que je fais toutes choses nouvelles”.
Peu à peu, il se passe quelque chose :
les autres voix ne disparaissent pas forcément, mais elles perdent de leur pouvoir.
On commence à reconnaître la voix du Bon Pasteur, celle qui connaît notre nom,
celle qui ne condamne pas mais qui appelle à vivre.
Au fond, la vraie question, ce n’est pas :
“Est-ce que j’ai la foi parfaite ?”
mais :
“À qui je donne le micro aujourd’hui ?”
Et si, aujourd’hui, je faisais ce choix, même tout petit :
laisser Jésus avoir autorité sur une seule chose concrète :
un pardon à donner, une peur à déposer, un pas à faire, une dépendance à confier…
On peut lui dire simplement :
“Seigneur Jésus, trop souvent, d’autres voix ont pris ta place en moi.
Je te donne le micro de mon cœur.
Parle dans ma vie, parle plus fort que le mensonge, plus fort que la peur.
Que ta Parole ait autorité sur moi,
et qu’elle me conduise à la liberté des enfants de Dieu.”

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