L’Evangile
« Il enseignait en homme qui a autorité » (Mc 1, 21-28)

Alléluia. Alléluia.
Accueillez la parole de Dieu :
pour ce qu’elle est réellement :
non pas une parole d’hommes,
mais la parole de Dieu.
Alléluia. (cf. 1 Th 2, 13)
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
Jésus et ses disciples entrèrent à Capharnaüm.
Aussitôt, le jour du sabbat,
il se rendit à la synagogue,
et là, il enseignait.
On était frappé par son enseignement,
car il enseignait en homme qui a autorité,
et non pas comme les scribes.
Or, il y avait dans leur synagogue
un homme tourmenté par un esprit impur,
qui se mit à crier :
« Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ?
Es-tu venu pour nous perdre ?
Je sais qui tu es :
tu es le Saint de Dieu. »
Jésus l’interpella vivement :
« Tais-toi ! Sors de cet homme. »
L’esprit impur le fit entrer en convulsions,
puis, poussant un grand cri, sortit de lui.
Ils furent tous frappés de stupeur
et se demandaient entre eux :
« Qu’est-ce que cela veut dire ?
Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité !
Il commande même aux esprits impurs,
et ils lui obéissent. »
Sa renommée se répandit aussitôt partout,
dans toute la région de la Galilée.
Sa réflexion
Aujourd’hui, l’évangile nous montre Jésus qui entre dans la synagogue, à Capharnaüm, et qui se met à enseigner. Les gens sont frappés, parce qu’il parle “avec autorité”, pas comme les scribes. Et puis, il y a cet homme possédé par un esprit mauvais, qui se met à crier. Jésus le fait taire et le délivre. Tout le monde est bouleversé : “Qu’est-ce que cela ?”
Si on essaie de relire ça avec nos mots d’aujourd’hui, on pourrait dire :
Jésus arrive dans un monde qui connaît déjà la religion, les discours, les règles, les habitudes. Les scribes, les spécialistes, parlent de Dieu, expliquent, commentent. Mais Jésus, lui, ne parle pas sur Dieu : il parle de la part de Dieu. Sa parole touche, dérange, réveille. Elle n’est pas juste “intéressante”, elle est vivante, elle change quelque chose dans le réel.
On pourrait se demander : dans ma vie, qui a vraiment autorité ?
Pas au sens de “qui commande”, mais : quelle parole je laisse m’atteindre, me façonner, me bousculer ?
Souvent, ce qui a autorité sur nous, ce sont plutôt :
- les réseaux sociaux,
- le regard des autres,
- la peur de ne pas être à la hauteur,
- ou la petite voix intérieure qui répète toujours les mêmes mensonges : “tu n’es pas assez”, “tu ne changeras jamais”, “ça ne sert à rien”.
Dans l’évangile, cette voix qui crie à travers l’homme possédé, c’est un peu ça : une force qui enferme, qui abîme, qui isole. Elle connaît Jésus (“Je sais qui tu es : le Saint de Dieu”) mais elle ne se laisse pas rejoindre, elle refuse sa présence : “Es-tu venu pour nous perdre ?”
Ça ressemble parfois à ce qu’on porte à l’intérieur :
On sait que Dieu existe, on sait vaguement qu’il est amour, mais une partie de nous résiste : “S’il vient, il va me juger, il va me priver de quelque chose, il va me demander trop…”
Alors que, dans le texte, Jésus ne vient pas pour perdre l’homme, mais pour le libérer. C’est l’esprit mauvais qui disparaît, pas la personne.
On pourrait entendre cette scène comme une invitation à laisser le Christ parler dans nos zones de confusion, de fatigue, de blocage.
Pas juste dans un temps “religieux”, à l’écart, mais au cœur de ce qu’on vit aujourd’hui :
- là où on est tendu,
- là où on se sent coincé dans une habitude, une dépendance, un mensonge,
- là où on n’arrive pas à se pardonner.
L’évangile dit que Jésus “commande avec autorité aux esprits mauvais, et ils lui obéissent”.
Ça veut dire qu’aucune de nos nuits intérieures n’a le dernier mot.
Il y a en nous des choses qui résistent, certes, mais il y a aussi une Parole plus forte que nos enfermements.
La vraie question, c’est : est-ce que je lui laisse un espace ? Un petit coin, aujourd’hui, où il puisse parler ?
Concrètement, aujourd’hui, ça peut vouloir dire :
- prendre un moment de silence pour lui dire simplement :
“Seigneur, je t’offre ce qui en moi crie, ce qui a peur, ce qui refuse. Parle sur ça, pas à côté.” - ou relire une phrase de l’évangile du jour et la garder comme on garde une phrase qu’un ami nous a dite et qui nous fait du bien,
- ou encore faire un geste très simple de vérité : reconnaître devant lui une dépendance, une blessure, un ressentiment… sans joli discours.
Les gens, à la fin, sont étonnés : “Une parole nouvelle, avec autorité !”
Peut-être que, pour nous aussi, la foi, au fond, c’est accepter d’être surpris.
Se dire : et si l’Évangile, ce n’était pas un vieux texte figé, mais une parole actuelle, qui, aujourd’hui encore, veut faire taire ce qui me détruit et relever ce qui est vivant en moi ?
On peut lui dire, dans un langage très simple :
“Seigneur Jésus, entre dans ma ‘synagogue’ intérieure, dans mon bazar, dans mon quotidien.
Parle avec ton autorité dans ce qui me dépasse.
Fais taire en moi ce qui ment, ce qui accuse, ce qui écrase.
Et redonne-moi la liberté d’un enfant de Dieu.”

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