L’Evangile

« L’ami de l’époux est tout joyeux d’entendre la voix de l’époux » (Jn 3, 22-30)

Alléluia, Alléluia.
Le peuple qui habitait dans les ténèbres
a vu une grande lumière.
Sur ceux qui habitaient le pays et l’ombre de la mort,
une lumière s’est levée.
Alléluia. (Mt 4, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus se rendit en Judée, ainsi que ses disciples ;
il y séjourna avec eux, et il baptisait.
Jean, quant à lui, baptisait à Aïnone, près de Salim,
où l’eau était abondante.
On venait là pour se faire baptiser.
En effet, Jean n’avait pas encore été mis en prison.
Or, il y eut une discussion entre les disciples de Jean et un Juif
au sujet des bains de purification.
Ils allèrent trouver Jean et lui dirent :
« Rabbi, celui qui était avec toi de l’autre côté du Jourdain,
celui à qui tu as rendu témoignage,
le voilà qui baptise,
et tous vont à lui ! »
Jean répondit :
« Un homme ne peut rien s’attribuer,
sinon ce qui lui est donné du Ciel.
Vous-mêmes pouvez témoigner que j’ai dit :
Moi, je ne suis pas le Christ,
mais j’ai été envoyé devant lui.
Celui à qui l’épouse appartient, c’est l’époux ;
quant à l’ami de l’époux, il se tient là,
il entend la voix de l’époux,
et il en est tout joyeux.
Telle est ma joie : elle est parfaite.
Lui, il faut qu’il grandisse ;
et moi, que je diminue. »

Sa réflexion

Tu sais, il y a des passages qui nous font regarder ce qu’on vit au jour le jour, sans grand tumulte, juste dans le calme. Jésus passe par là, et on dirait qu’il vient rappeler une vérité simple, mais parfois oubliée: ce n’est pas moi qui suis au centre de tout, c’est Lui qui doit prendre toute la place. Dans ce récit, on voit deux personnes, deux temps puissants: Jésus et Jean le Baptiste. Jean parle avec une voix qui a grandi dans le désert, qui a drapé sa vie dans une mission très claire. Et puis, Jésus arrive, discret, qui grandit sans faire de bruit, mais qui bouleverse tout d’un coup.

Et ce qui me touche, c’est cette image de diminution. Jean dit en gros: « Il faut qu’Il ait la priorité, que je diminue, que Lui croisse. » Ça résonne comme une invitation à notre vie: on peut être convaincu d’une vocation, d’un rêve, d’un rôle, et pourtant comprendre que ce n’est pas notre ego qui porte le sens. On peut être utile, efficace, compétent, mais si on ne laisse pas Jésus croître, si on ne le met pas au premier plan, tout ce qu’on fait finit par être trop petit pour ce que Dieu veut accomplir par nous.

Et puis, il y a ce lien avec nos vies actuelles: nos projets, nos relations, nos combats intérieurs. Combien de fois on se mesure à l succès, à l’ego, aux validations extérieures? Combien de fois on croit que notre valeur dépend de ce qu’on produit ou de ce qu’on parait être? Or, ce texte nous rappelle une économie différente: ce qui compte, c’est que Jésus soit connu, aimé, suivi, même si cela signifie que nos noms passent au second plan. Pas dans un esprit de dévalorisation, mais d’orientation: être au service de ce qui est plus grand que nous, de ce qui persévère au-delà de nous.

La réflexion peut aussi toucher nos vocations et nos environnements. Dans les lieux où nous sommes — travail, famille, communauté — on peut se demander: « Est-ce que ma façon d’être contribue à faire grandir Jésus, ou est-ce que je voudrais que tout tourne autour de moi ? » Si on choisit de diminuer, ce n’est pas pour s’effacer dans l’ombre, c’est pour laisser la lumière de Jésus illuminer ce qui autrement aurait été seulement une réussite humaine. C’est aussi un acte de confiance: croire que Dieu peut agir davantage lorsque nous sommes fidèles dans l’humilité, même si cela passe par des chemins simples, invisibles.

Et puis, ce passage invite à la joie tranquille d’être plexié d’un même message: notre vie n’est pas une compétition de rôles, mais une collaboration. Jean le Baptiste n’a pas peur de dire: « Celui qui vient après moi est bien plus grand que moi » — et dans cette reconnaissance, il témoigne. La vie devient alors un espace de témoignage généreux: témoigner que Dieu agit, que Jésus grandit, et que ma place est utile seulement dans cette dynamique d’amour et de service.

En somme, une réflexion à partir de ce texte: que nos choix quotidiens, nos ambitions et nos peurs puissent être réorientés vers Celui qui croît, et non vers ce que nous voudrions faire paraître de nous-mêmes. Que la joie de la foi n’ait pas besoin d’un grand langage ni d’un grand bruit, mais qu’elle soit le fil ténu et persistant qui nous guide vers plus de lumière pour les autres.

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