On vit tous un peu la même chose :
journées blindées, notifications non-stop, dossiers en retard, messages auxquels il « faut » répondre, famille, boulot, engagements… Et au milieu de tout ça, on essaie de gérer :
« Seigneur, aide-moi, donne-moi une solution, dis-moi quoi faire ! »

On court partout, on veut des réponses, des solutions.
Et quand on lit l’Évangile, on voit Jésus qui, lui aussi, est super sollicité :
des malades, des foules, des gens qui le cherchent, qui le pressent de partout.
Mais lui, étonnamment, ne se laisse pas happer.
Souvent, l’évangile glisse une petite phrase qu’on lit trop vite :
« Il se retirait dans des endroits déserts pour prier. »
En gros : il se coupe du bruit pour se reconnecter à l’Essentiel.
Nous, quand ça déborde de tous les côtés, on a tendance à :
- rajouter encore une couche d’activité
- scroller plus
- remplir le silence
- vouloir régler tout tout de suite
On voudrait que Dieu soit comme une hotline :
« Allô Seigneur, problème en cours, merci de répondre rapidement. »
Jésus, lui, au moment où tout le monde le cherche, il disparaît.
Pas par fuite, mais pour rester relié au Père.
Il sait qu’il ne peut pas donner la vie s’il ne la reçoit pas.
Il ne fait pas seulement « une prière rapide » avant de se coucher :
il prend vraiment du temps. Il choisit de dire non à certaines sollicitations pour dire oui à ce temps avec Dieu.
Tout ce qui est plein n’est pas forcément plein de vie.
Tu peux avoir un agenda bourré… et un cœur vide.
On peut faire plein de choses « pour Dieu », pour les autres, pour la famille, pour l’Église… et au fond être sec, tendu, aigri.
Pourquoi ? Parce qu’on donne ce qu’on n’a plus pris le temps de recevoir.
Jésus nous montre autre chose :
avant d’être dans l’action, il est dans la relation.
Avant d’annoncer le Père, il parle avec le Père.
Avant de guérir, il se laisse rejoindre dans la prière.
C’est presque comme si Dieu nous disait :
« Je ne t’ai pas demandé d’être performant. Je t’ai demandé d’être relié. »
Tu n’as peut-être pas deux heures par jour pour te retirer dans une montagne, mais tu peux créer de petits déserts dans ta vie :
- 5 minutes au réveil où tu ne touches pas ton téléphone, mais tu dis simplement :
« Seigneur, je te confie cette journée. Sois là dans ce que je vais vivre. » - un temps de silence dans une église, dans ta chambre, ou même dans ta voiture garée, juste pour respirer devant Dieu
- une petite phrase de l’Évangile que tu gardes en fond de cœur et que tu répètes quand ça part dans tous les sens :
« Seigneur Jésus, prends ma fatigue »,
« Parle, Seigneur, ton serviteur écoute »,
« Seigneur, donne-moi ta paix. »
L’idée, ce n’est pas de “rajouter une tâche spirituelle” de plus,
c’est de laisser Dieu réhabiter ce que tu vis déjà.
Pour garder ce temps avec le Père, Jésus accepte de ne pas tout faire, de ne pas répondre à tout le monde tout le temps.
Nous, on a parfois du mal à :
- dire non à un message tout de suite
- dire non à une soirée de plus, une activité de plus
- dire non à cette impression qu’on doit être disponible 24h/24
Mais pour être vraiment présent à Dieu, aux autres, à soi-même, il faut accepter de ne pas être partout.
Tu as le droit de dire :
- « Là, je coupe. J’ai besoin de 10 minutes de silence. »
- « Là, je m’arrête, je respire et je parle à Dieu au lieu de replonger dans le bruit. »
Ce n’est pas être égoïste, c’est être branché sur la Source pour ne pas donner du vide.
Souvent, on vient vers Dieu avec une liste de problèmes à régler.
On aimerait des réponses claires :
« Fais que ça marche », « Dis-moi quoi choisir », « Change ça vite ».
Dieu, parfois, change les situations.
Mais plus souvent, il vient d’abord changer le cœur au milieu de la situation.
Dans le silence, dans la prière, il ne nous donne pas forcément un plan détaillé,
mais il donne :
- une paix qui tient
- un regard différent sur ce qu’on vit
- une force pour traverser
- une lumière pour le prochain pas, pas pour tout le chemin
C’est ça que Jésus va chercher dans sa solitude avec le Père : pas des “techniques de mission”, mais la Présence qui l’habite.
Tu peux essayer, dès aujourd’hui ou demain :
- Choisir un moment précis (matin, midi, soir) – 5 minutes.
- Couper tout : téléphone en mode avion, silence.
- Dire à Dieu, simplement :
« Seigneur, je cours dans tous les sens.
Je viens juste me poser devant toi.
Je ne sais pas trop prier, mais je suis là.
Donne-moi ta paix, recentre-moi. » - Rester en silence, même si ça bouillonne dedans.
Juste respirer et te rappeler : Dieu est là.
Petit à petit, ce temps deviendra comme un rendez-vous vital.
Pas pour fuir ta vie, mais pour la vivre autrement :
non plus en mode “j’assure tout seul”,
mais en mode “je marche avec Lui”.
Jésus ne s’est pas laissé happer par la foule parce qu’il savait où était sa Source.
Nous aussi, on peut apprendre à arrêter de courir un instant…
pour se brancher, se laisser aimer, et repartir autrement.

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