On est nombreux à vivre la même chose :
on se lève déjà en retard, on regarde le téléphone avant de se regarder soi-même, on enchaîne mails, réunions, messages, notifications, petites urgences et faux « il faut absolument ».
Le soir, on est vidé… mais pas vraiment habité. Fatigué, mais pas nourri.

On court partout, on veut des réponses, des solutions, des astuces pour mieux gérer, optimiser, tenir.
Mais on oublie une question simple :
quand est-ce que je me pose vraiment avec moi-même ?

Aujourd’hui, on peut être :

  • en réunion, mais mentalement sur son téléphone
  • avec sa famille, mais la tête au boulot
  • en train de marcher, mais déjà au rendez-vous suivant

Résultat : on vit en décalage.
Le corps est là, le mental est ailleurs.

On confond :

  • activité et vie
  • remplir son temps et habiter son temps
  • répondre à tout le monde et se répondre à soi-même

On est « joignable » tout le temps,
mais plus vraiment rejoignable à l’intérieur.

On adore les solutions :

  • 5 astuces pour mieux gérer son stress
  • 10 techniques pour être plus productif
  • 3 méthodes pour lâcher prise (en 2 minutes chrono)

On cherche des réponses comme on rafraîchit une page internet.
Mais il y a des questions qui ne se règlent pas avec une « technique », seulement avec du temps, du silence, de l’honnêteté envers soi-même.

Par exemple :

  • Pourquoi je dis oui à tout alors que je n’en peux plus ?
  • Qu’est-ce qui me fait vraiment du bien ?
  • Qu’est-ce qui compte pour moi, au fond ?
  • Qu’est-ce que je fuis en restant toujours occupé ?

Ces questions-là, le bruit ne les résout pas. Il les masque.

Ne pas se laisser happer aujourd’hui, c’est presque un acte de résistance.

C’est oser :

  • ne pas répondre tout de suite
  • ne pas tout expliquer
  • ne pas être partout
  • ne pas rentabiliser chaque minute

Dire :
« Là, je m’arrête. Pas parce que tout est réglé,
mais parce que si j’attends que tout soit réglé pour me poser,
je ne me poserai jamais. »

Ce n’est pas fuir la réalité,
c’est prendre un peu de recul pour pouvoir la vivre autrement.

On n’a pas tous la possibilité de partir en retraite silencieuse trois jours.
Mais on peut créer des petites zones neutres dans nos journées :
des moments où personne ne nous demande rien,
où l’on ne doit rien prouver,
où l’on n’a pas besoin d’être efficace.

Ça peut être :

  • 10 minutes le matin sans téléphone, juste pour respirer, regarder par la fenêtre, sentir comment on se sent vraiment
  • marcher sans écouteurs, sans appel, et juste observer : son souffle, ses pensées, ce qui monte
  • s’asseoir quelque part, café ou thé à la main, et écrire ce qu’on a sur le cœur, sans filtre
  • se donner un créneau dans la semaine où rien n’est “utile” : lire, bricoler, dessiner, jardiner, juste parce que ça fait du bien

Ce temps-là n’est pas du temps perdu.
C’est du temps qui nous retrouve.

5. Accepter de ne pas tout contrôler

Ralentir, se poser, c’est aussi accepter une réalité inconfortable :
on ne contrôle pas tout.

Le flot d’infos, les avis des autres, les imprévus… on ne les maîtrise pas.
Par contre, on peut choisir :

  • comment on se laisse atteindre
  • ce à quoi on dit oui
  • ce à quoi on dit non

Se créer des moments de solitude choisie,
c’est reprendre un peu la main :

  • sur son attention
  • sur son énergie
  • sur ce à quoi on veut vraiment donner sa vie

6. Une petite mise en pratique simple

Tu peux essayer, dès ce soir ou demain :

  1. Choisis un moment (matin, pause dej, soir) – 5 à 10 minutes.
  2. Coupe tout : téléphone en silencieux, pas de musique, pas d’écran.
  3. Assieds-toi. Respire tranquillement.
  4. Demande-toi honnêtement :
    • « Qu’est-ce que je ressens là, maintenant ? »
    • « De quoi j’ai vraiment besoin aujourd’hui ? »
  5. N’essaie pas de régler tout. Juste écouter. Constater. Accueillir.

Refais-le plusieurs jours d’affilée.
Ce ne sera peut-être pas “spectaculaire”,
mais peu à peu, quelque chose se pose, se clarifie.

On nous a appris à répondre vite.
On a oublié comment se répondre à soi-même.

Courir n’est pas un problème en soi.
Le vrai problème, c’est de courir tout le temps
sans jamais s’arrêter pour se demander :
« Vers quoi ? Vers qui ? Et depuis combien de temps je me suis perdu en route ? »

Ralentir, se mettre en retrait un moment,
ce n’est pas du luxe pour quelques privilégiés.
C’est une question de survie intérieure.

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