On se dit toujours qu’on le fera plus tard. Plus tard, on sera heureux, on se reposera, on changera ce qui cloche. On attend la fin d’un projet, la fin d’une crise, le fameux « après ». Et pendant ce temps, les jours défilent, et on est à peine là pour les voir passer.

Vivre l’instant présent, ça ne veut pas dire tout plaquer sur un coup de tête. C’est simplement arrêter de laisser le passé et le futur envahir tout notre esprit.
Le passé, on le connaît par cœur. On ressasse les regrets, la nostalgie, les blessures qui tournent en boucle. Ça nous pompe une énergie folle. Quant au futur, c’est le festival des scénarios catastrophes : « Et si ça tournait mal ? », « Et si je n’y arrivais pas ? ». On s’épuise à vivre des angoisses qui n’existeront peut-être jamais.
Et pendant qu’on est coincé entre les regrets d’hier et l’angoisse de demain, on passe à côté de ce qui se passe là, sous notre nez : une conversation, un moment de calme, une occasion de dire ce qu’on a sur le cœur, un sourire qu’on aurait pu rendre.
Alors, vivre au présent, c’est quoi, concrètement ?
C’est peut-être juste faire une seule chose à la fois, au lieu de s’éparpiller. C’est écouter quelqu’un pour de vrai, sans déjà être en train de penser à ce qu’on va répondre. C’est accepter qu’on ne peut pas tout contrôler. C’est se demander « OK, là, maintenant, qu’est-ce que je peux faire à mon échelle ? » au lieu de se laisser submerger par le sentiment d’impuissance.
Ça ne veut pas dire faire semblant que les problèmes n’existent pas ou que rien ne fait mal. C’est juste décider de ne pas les laisser tout dévorer sur leur passage. C’est se dire : « Bon, voilà où j’en suis aujourd’hui. Qu’est-ce que j’en fais ? Comment est-ce que je peux avancer, ne serait-ce que d’un tout petit pas ? »
On attend souvent le moment parfait pour enfin commencer à vivre, celui où tous les problèmes seront réglés. Mais ce moment n’arrive jamais. Il n’y a que des instants, souvent imparfaits, qu’on peut choisir de vivre pleinement… ou de laisser s’échapper.
Alors peut-être que vivre aujourd’hui, c’est juste commencer par des trucs tout bêtes :
Respirer un grand coup quand on sent la panique monter.
Oser dire non à ce qui nous vide de notre énergie.
Dire merci pour ce qui va, même quand tout le reste va mal.
Et surtout, se donner le droit d’être juste humain : fatigué, un peu perdu, fragile parfois.
Et si, au fond, vivre l’instant présent, ce n’était pas une grande théorie compliquée ?
Si c’était juste réapprendre à être là, vraiment là.
Et se poser plus souvent la seule question qui vaille :
« Maintenant, qu’est-ce qui compte vraiment pour moi ? »
Et y répondre, au lieu d’attendre un jour qui ne viendra peut-être jamais.

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