On a une drôle de manie avec Dieu. On le cantonne souvent au passé – la croix, les miracles d’autrefois – ou on le projette dans un futur lointain – le paradis, la vie éternelle. Mais on passe à côté de l’essentiel : Dieu, lui, nous donne surtout rendez-vous dans un mot tout simple : aujourd’hui.

Et ce n’est pas une idée en l’air, la Bible insiste là-dessus : « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas votre cœur ». C’est comme si Dieu nous murmurait : « Je ne t’ai pas seulement aimé hier et je ne t’aimerai pas seulement demain. C’est maintenant que je t’aime. »
Le piège du « plus tard »
On est les champions du « plus tard », non ? « Plus tard, je prierai mieux », « plus tard, je pardonnerai », « plus tard, je me mettrai en règle avec Dieu », « plus tard, je changerai cette habitude… ». Le problème, c’est que ce « plus tard » n’arrive jamais vraiment. Dieu, lui, ne travaille pas avec nos « un jour, peut-être ». Il agit avec ce qu’on a, ici et maintenant.
La plus grande ruse du diable, ce n’est pas forcément de nous faire faire le mal. C’est de nous convaincre de faire le bien… demain.
Dieu se cache dans votre quotidien
On s’attend à des feux d’artifice, à une révélation qui nous tombe dessus. Mais le plus souvent, l’« aujourd’hui » de Dieu est beaucoup plus discret. Il se cache dans les replis de notre ordinaire : dans ce message que vous hésitez à envoyer à un ami qui va mal, dans ce pardon que vous pourriez commencer à esquisser, même timidement, dans ces cinq minutes de silence où vous osez juste dire : « Seigneur, me voilà. »
Dieu ne vous parle pas qu’à l’église. Il vous chuchote dans votre cuisine, dans le bus, au bureau, au milieu de votre fatigue et de vos questions.
Venez comme vous êtes
C’est peut-être le plus grand malentendu. On s’imagine qu’il faut se présenter à Dieu en tenue de gala spirituel. « Quand je serai moins fatigué, moins pécheur, plus présentable, alors, j’irai vraiment vers lui. » Mais Dieu ne vous demande pas d’être prêt. Il vous demande juste d’être là.
Quand Jésus dit à Zachée : « Il faut que j’aille demeurer aujourd’hui dans ta maison », Zachée n’a pas eu le temps de passer l’aspirateur dans son âme. Jésus est entré au milieu du bazar. Et c’est cette visite, ce jour-là, qui a tout changé.
Votre « aujourd’hui » n’est peut-être pas très reluisant. Il est peut-être rempli de désordre, de fatigue, d’échecs répétés. Tant mieux. C’est justement là que Dieu veut vous retrouver, pas dans une version parfaite et éditée de vous-même.
Une porte ouverte, pas un ultimatum
Attention, cet appel à l’« aujourd’hui » n’est pas une pression, un ultimatum divin du genre « Vite, le temps presse ! ». C’est tout le contraire. C’est une porte laissée grande ouverte, une invitation pleine de douceur :
« Aujourd’hui, tu peux recommencer. »
« Aujourd’hui, tu peux revenir. »
« Aujourd’hui, tu peux déposer ce fardeau que tu portes depuis si longtemps. »
Dieu ne vient pas vous angoisser avec une urgence. Il vient vous libérer du poids des « si seulement j’avais su… » et de l’illusion des « un jour, je ferai… ». Il vous tend un cadeau : votre présent.
Alors, comment on fait ?
Pas besoin d’un plan d’action compliqué. On peut commencer tout petit.
Pourquoi ne pas juste nommer ce que vous vivez ? Dire à Dieu, avec vos mots : « Seigneur, voilà mon aujourd’hui. Ma petite joie, ma grande fatigue, mes peurs, mes erreurs. Je ne te cache rien. »
Ou alors, lire un bout d’Évangile et juste demander : « Qu’est-ce que tu veux me dire, à moi, aujourd’hui, avec ces mots ? »
Et puis, choisir un tout petit pas. Pas cent, juste un. Un geste de pardon. Un mot d’amour. Un renoncement à ce qui vous abîme. Un simple « Seigneur, aide-moi » au milieu de la journée. Un seul « oui » murmuré à Dieu aujourd’hui a plus de poids que tous les grands plans qui restent dans nos têtes.
Non, vraiment, Dieu n’a pas de Google Agenda. Nous, on planifie, on met des rappels pour « prendre du temps pour Dieu ». Lui, il est simplement là. Le Saint-Esprit est le Dieu de l’instant présent. Il souffle maintenant, dans la vie que vous avez, pas dans celle que vous rêvez d’avoir.
Alors, sans attendre le moment parfait, vous pouvez lui dire :
« Seigneur, je t’offre cet aujourd’hui.
Pas celui de mes futures victoires,
ni celui d’avant ma perfection.
Je t’offre ce que je suis, maintenant.
Viens y faire ta maison,
et fais-en quelque chose de beau. »
Et ça, il sait très bien le faire.
Pas demain.
Aujourd’hui.

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