On se ment souvent à nous-mêmes. On se dit : « Je ne fais pas ce projet (ou je ne dis pas ce que je pense) parce que je suis prudent. » Mais si on gratte un peu le vernis, ce n’est pas de la prudence, c’est de la trouille. Et c’est normal. La peur est le programme par défaut de notre cerveau pour nous garder en vie. Le problème, c’est qu’à force de vouloir rester « en vie », on finit par oublier de « vivre ».

On croit que ne pas agir nous protège. On reste dans un job qui nous éteint, une relation qui nous pèse ou un silence qui nous ronge, parce que c’est « confortable ». Mais le confort a un prix : l’atrophie. C’est comme un muscle : si tu ne l’utilises jamais pour ne pas avoir de courbatures, il finit par fondre. Ne pas avoir peur du tout, c’est souvent le signe qu’on est en train de stagner dans une zone où plus rien ne se passe.

On nous a appris que la peur était un signal d’arrêt. Et si c’était l’inverse ? Si tu as peur de demander cette augmentation, de t’inscrire à ce cours de danse ou de dire à quelqu’un que tu l’apprécies, c’est précisément parce que c’est important pour toi. On n’a pas peur de ce dont on se fout. Ta peur t’indique exactement où se trouve ta zone de croissance. Là où ça tremble un peu, c’est là où tu vas apprendre quelque chose sur toi.

On attend tous de ne plus avoir peur pour se lancer. On se dit : « Quand je serai prêt, quand j’aurai plus d’assurance, je le ferai. » Spoiler : ça n’arrive jamais. La confiance ne précède pas l’action, elle en est le résultat. Tu n’apprends pas à nager pour ne plus avoir peur de l’eau ; tu vas dans l’eau, et c’est là que tu découvres que tu flottes.

« N’aie pas peur, vis », ça ne veut pas dire « sois un casse-cou ». Ça veut dire : « Accepte d’avoir les mains moites et le cœur qui bat, et fais-le quand même. »

Imagine-toi dans vingt ou trente ans, en train de regarder le film de ta vie. De quoi auras-tu le plus de regrets ?

  • De t’être trompé après avoir essayé ?
  • Ou d’être resté sur le canapé à imaginer ce qui se serait passé si tu avais osé ?

La plupart du temps, nos peurs sont des scénarios catastrophes qui ne se réalisent jamais. On passe un temps fou à construire des parapluies pour des tempêtes qui n’arrivent pas.

En résumé pour ta semaine :

Vivre, c’est par définition accepter une part d’incertitude. Si tu attends que tout soit garanti à 100 %, tu ne sortiras jamais de chez toi. Alors, la prochaine fois que tu hésites, pose-toi cette question : « Qu’est-ce que je ferais là maintenant, si je n’avais pas peur du ridicule ou de l’échec ? »

Une fois que tu as la réponse, fais juste le premier petit pas. Pas besoin de sauter du haut de la falaise, descends juste une marche.

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