Le 7 janvier, le calendrier nous présente un personnage fascinant : Saint Raymond de Penyafort. Si on s’arrête à son nom et à son époque (le XIIIe siècle), on pourrait se dire qu’il n’a rien à nous dire. Et pourtant, son histoire est une illustration parfaite du thème de la « libération » et du courage de changer les choses.

Le juriste qui préférait les clés aux verrous

Raymond était ce qu’on appellerait aujourd’hui un « cerveau ». Un immense juriste, spécialiste des lois de l’Église. Mais au lieu d’utiliser les lois pour enfermer les gens ou juger de haut, il a passé sa vie à essayer de libérer ceux qui étaient coincés.

Raymond a cofondé l’Ordre de la Merci. Le but ? Racheter les captifs. À l’époque, des tas de gens étaient faits prisonniers et vendus comme esclaves. Raymond se disait que la foi ne servait à rien si elle ne brisait pas des chaînes réelles.

Dans nos vies : On n’est peut-être pas enchaînés dans des cachots, mais on a tous nos prisons. La prison du « qu’en-dira-t-on », la prison de nos culpabilités, ou celle de nos habitudes qui nous étouffent. Saint Raymond nous demande aujourd’hui : « Quelle chaîne est-ce que je peux briser, pour moi ou pour quelqu’un d’autre ? » Parfois, libérer quelqu’un, c’est juste lui accorder le pardon qu’il n’osait plus espérer.

Une légende célèbre raconte que Raymond voulait quitter l’île de Majorque pour retourner à Barcelone, mais le roi, qui voulait le garder pour lui, avait interdit à tous les bateaux de le prendre. Raymond ne s’est pas laissé démonter. Il a étendu son manteau de dominicain sur la mer, a attaché un bout de son bâton pour en faire un mât, et il a traversé la mer ainsi.

Le clin d’œil pour nous : C’est une image incroyable. Quand tous les chemins officiels sont bloqués, quand on te dit « c’est impossible », la foi (ou l’audace) consiste à utiliser ce que tu as sous la main — même un simple manteau — et à faire confiance à la force de l’Esprit pour avancer. C’est le refus de se laisser emprisonner par les circonstances.

Raymond a passé des années à compiler des milliers de textes de lois (les Décrétales). Ça a l’air ennuyeux, mais son but était de mettre de l’ordre pour éviter l’arbitraire et l’injustice.

Dans nos vies : Mettre de l’ordre dans ses priorités, ce n’est pas être rigide, c’est se donner les moyens d’être vraiment libre. Ranger sa vie, clarifier ses valeurs, c’est s’assurer que l’on ne perd pas son temps dans des combats qui n’en valent pas la peine.

La pépite du jour :

Saint Raymond nous rappelle que la règle d’or, c’est la charité. La loi est faite pour l’homme, pas l’inverse.

Aujourd’hui, tu peux te poser cette question : « Dans ma manière de parler ou d’agir, est-ce que je suis quelqu’un qui enferme (par la critique, la loi stricte, le jugement) ou est-ce que je suis quelqu’un qui libère (par l’encouragement, le pardon, l’ouverture) ? »

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