L’Evangile
« Ils le virent marcher sur la mer » (Mc 6, 45-52)

Alléluia, Alléluia.
Louange à toi, Jésus Christ,
manifesté dans la chair,
proclamé parmi les nations,
reconnu dans le monde.
Alléluia. (cf. 1 Tm 3, 16)
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
Aussitôt après avoir nourri les cinq mille hommes,
Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque
et à le précéder sur l’autre rive, vers Bethsaïde,
pendant que lui-même renvoyait la foule.
Quand il les eut congédiés,
il s’en alla sur la montagne pour prier.
Le soir venu, la barque était au milieu de la mer
et lui, tout seul, à terre.
Voyant qu’ils peinaient à ramer,
car le vent leur était contraire,
il vient à eux vers la fin de la nuit
en marchant sur la mer,
et il voulait les dépasser.
En le voyant marcher sur la mer,
les disciples pensèrent que c’était un fantôme
et ils se mirent à pousser des cris.
Tous, en effet, l’avaient vu et ils étaient bouleversés.
Mais aussitôt Jésus parla avec eux et leur dit :
« Confiance ! c’est moi ; n’ayez pas peur ! »
Il monta ensuite avec eux dans la barque
et le vent tomba ;
et en eux-mêmes
ils étaient au comble de la stupeur,
car ils n’avaient rien compris au sujet des pains :
leur cœur était endurci.
Sa réflexion
Imagine la scène : les disciples viennent de vivre un truc de dingue (le miracle des pains). Ils devraient être au top de la foi, non ? Et pourtant, quelques heures plus tard, Jésus les « oblige » à monter dans la barque. Il les envoie littéralement au casse-pipe, en pleine mer, alors que le vent se lève.
1. Le vent contraire (Ou le retour à la réalité)
C’est tellement notre vie. Un jour, tout va bien, on a eu une super nouvelle, on se sent « nourri », porté. Et le lendemain, paf : le vent tourne. Un problème au boulot, une tension en famille, la fatigue qui s’accumule. On a l’impression de ramer comme des fous et de ne pas avancer d’un mètre.
Le truc frappant : L’Évangile dit que Jésus les voit peiner depuis la montagne. Il ne les a pas oubliés, mais il les laisse ramer un peu. Pourquoi ? Parce que c’est dans l’effort et la nuit qu’on apprend qui on est vraiment.
2. Le « fantôme » (Quand on ne reconnaît plus le bien)
C’est le passage le plus humain du texte. Jésus arrive en marchant sur l’eau, et au lieu d’être soulagés, les disciples hurlent de terreur. Ils pensent que c’est un fantôme.
Dans nos vies : Quand on est en plein stress ou en pleine crise, on devient aveugle. Parfois, l’aide arrive, une solution se présente, ou quelqu’un nous tend la main, mais on est tellement bloqués sur notre peur qu’on ne le voit pas. On voit des problèmes partout, même là où il y a une solution. On « fantomatise » notre réalité. On a le cœur tellement serré par l’angoisse qu’on ne reconnaît plus la présence de Dieu ou même la bienveillance des autres.
3. « C’est moi, n’ayez pas peur »
Jésus ne commence pas par calmer la mer. Il commence par calmer les hommes. Il dit : « Confiance, c’est moi ». En grec, il dit littéralement « Je Suis » (Ego eimi). C’est le nom de Dieu.
Il nous dit : « Je ne suis pas une idée, je ne suis pas un fantôme du passé, je suis là, dans ton présent, même quand ça secoue ».
4. Le lien avec les pains (Le bug informatique du cœur)
La fin du texte est un peu dure : « Ils n’avaient rien compris au sujet des pains, leur cœur était endurci ». Ça veut dire quoi ? Qu’ils avaient vu le miracle du partage le matin, mais qu’ils n’avaient pas fait le lien. Ils pensaient que c’était juste une histoire de nourriture. Ils n’avaient pas compris que celui qui peut multiplier le peu de pain peut aussi marcher sur le trop-plein de leurs peurs.
La leçon pour nous : On oublie trop vite. On oublie les moments où on s’en est sorti, les moments où on a été aidé. Chaque fois qu’on panique devant une nouvelle difficulté, c’est comme si on faisait un « reset » de notre confiance.
En résumé pour notre quotidien :
La barque, c’est nos vies. Le vent contraire, c’est inévitable. Mais le texte nous invite à deux choses :
- Arrêter de hurler au fantôme : Regarde bien ce qui t’arrive aujourd’hui. Est-ce que ce « problème » n’est pas une occasion pour Jésus de monter dans ta barque ?
- Se souvenir des pains : Quand tu rames, rappelle-toi de la dernière fois où tu as été nourri, où tu as réussi à t’en sortir. Ne laisse pas ton cœur s’endurcir par la peur.

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