L’Evangile
Multipliant les pains, Jésus se manifeste comme le Prophète (Mc 6, 34-44)

Alléluia, Alléluia.
Le Seigneur m’a envoyé
porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,
annoncer aux captifs leur libération.
Alléluia. (Lc 4, 18cd)
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
En ce temps-là,
Jésus vit une grande foule.
Il fut saisi de compassion envers eux,
parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger.
Alors, il se mit à les enseigner longuement.
Déjà l’heure était avancée ;
s’étant approchés de lui, ses disciples disaient :
« L’endroit est désert et déjà l’heure est tardive.
Renvoie-les :
qu’ils aillent dans les campagnes et les villages des environs
s’acheter de quoi manger. »
Il leur répondit :
« Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
Ils répliquent :
« Irons-nous dépenser
le salaire de deux cents journées
pour acheter des pains
et leur donner à manger ? »
Jésus leur demande :
« Combien de pains avez-vous ?
Allez voir. »
S’étant informés, ils lui disent :
« Cinq, et deux poissons. »
Il leur ordonna de les faire tous asseoir par groupes
sur l’herbe verte.
Ils se disposèrent par carrés de cent et de cinquante.
Jésus prit les cinq pains et les deux poissons,
et, levant les yeux au ciel,
il prononça la bénédiction
et rompit les pains ;
il les donnait aux disciples pour qu’ils les distribuent à la foule.
Il partagea aussi les deux poissons entre eux tous.
Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés.
Et l’on ramassa
les morceaux de pain qui restaient, de quoi remplir douze paniers,
ainsi que les restes des poissons.
Ceux qui avaient mangé les pains
étaient au nombre de cinq mille hommes.
Sa réflexion
Au début de l’histoire, Jésus voit la foule et il est « saisi de compassion ». Ce n’est pas juste de la pitié polie. En grec, le mot suggère que ça lui prend aux tripes. Il voit des gens qui sont comme des brebis sans berger : un peu perdus, en quête de sens, et physiquement affamés.
Dans nos vies : On court souvent partout, on croise des dizaines de personnes par jour (au boulot, dans le métro, sur les réseaux). Est-ce qu’on prend encore le temps de regarder vraiment ? Parfois, on est comme les disciples : on voit le problème (« ils ont faim, renvoie-les »), mais on ne voit pas l’humain. La première étape pour vivre l’Évangile aujourd’hui, c’est peut-être juste de s’arrêter et de regarder l’autre avec le cœur.
Le piège du « On n’a pas assez »
Les disciples sont très rationnels. Ils font leurs comptes : « Il faudrait deux cents deniers pour nourrir tout le monde ! ». En gros, ils disent à Jésus : « C’est impossible, on n’a pas le budget, on n’a pas les ressources, laisse tomber. »
On fait souvent la même chose. On se dit :
- « Je n’ai pas assez de temps pour m’engager. »
- « Je n’ai pas assez de patience pour supporter ce collègue. »
- « Je n’ai pas assez de talent pour changer les choses. »
On se focalise sur ce qui nous manque, et ça nous paralyse.
Le miracle du « Peu »
Jésus ne fait pas tomber le pain du ciel par magie. Il demande : « Combien avez-vous de pains ? Allez voir. » Il part de ce qu’ils ont : cinq pains et deux poissons. C’est dérisoire pour des milliers de personnes, c’est presque ridicule.
Mais le miracle arrive quand on accepte de donner le peu qu’on a. Jésus prend, bénit, rompt et donne.
Le message pour nous : Dieu n’attend pas que nous soyons des super-héros avec des ressources infinies. Il nous demande juste de mettre nos « cinq pains » sur la table. Ton petit geste de gentillesse, tes dix minutes d’écoute, ton humble service… Quand tu acceptes de les partager au lieu de les garder jalousement, c’est là que la multiplication commence.
La logistique de l’ordre et de la confiance
Jésus demande aux gens de s’asseoir par groupes. Il y a une idée de communauté, de prendre soin les uns des autres. À la fin, on ramasse douze paniers de restes.
C’est le signe de l’abondance de Dieu : avec Lui, il y a toujours un « plus ». Ce n’est pas le strict nécessaire, c’est le surplus d’amour.
Pour conclure
L’Épiphanie, c’est la manifestation de Dieu au monde. Ce texte nous dit que Dieu se manifeste aujourd’hui à travers nos mains qui partagent.
Le défi pour cette semaine, ce n’est pas de nourrir 5 000 personnes. C’est peut-être juste d’identifier nos « cinq pains » (ce qu’on a de bon en nous) et d’oser les offrir, même si on a l’impression que c’est une goutte d’eau dans l’océan.

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