On va se parler franchement : on vit dans un monde qui ne jure que par le « toujours plus ». Plus de followers, plus de diplômes, plus de budget, plus de performances. Alors, quand on se retrouve face à nos propres vies, on se sent souvent « trop peu » :

- « Je suis trop fatigué pour aider qui que ce soit. »
- « Ma prière est toute sèche, ça ne sert à rien. »
- « Qu’est-ce que ma petite pièce dans la sébile ou mon petit service va changer à la misère du monde ? »
On finit par complexer face à Dieu, comme si on devait lui apporter un dossier complet et un chèque en blanc pour l’intéresser.
1. Le « peu », c’est la matière première de Dieu
Dans la Bible, Dieu fait une fixette sur ce qui est petit. Il choisit le plus petit peuple, il naît dans une mangeoire (pas vraiment un 5 étoiles), et pour nourrir 5 000 personnes, il ne fait pas apparaître un buffet traiteur. Il demande : « Vous avez quoi ? ».
Le « miracle du peu », c’est de comprendre que Dieu n’a pas besoin de ton superflu, il a besoin de ton nécessaire. Les cinq pains et les deux poissons de l’Évangile, c’était sans doute le casse-croûte du gamin qui passait par là. C’était tout ce qu’il avait.
Dans la vraie vie : Le miracle, c’est quand tu donnes tes 10 dernières minutes d’énergie de ta journée pour écouter vraiment ton enfant ou ton conjoint, alors que tu as juste envie de t’affaler devant une série. C’est « peu », mais parce que c’est donné avec le cœur, ça devient énorme pour celui qui reçoit.
2. Le passage par tes mains
Le truc incroyable, c’est que Jésus ne multiplie pas le pain dans son coin pour ensuite le distribuer. Il le donne aux disciples, et c’est pendant qu’ils distribuent que ça se multiplie.
C’est une règle spirituelle : ce que tu gardes pour toi s’abîme, ce que tu donnes se multiplie. Si tu attends d’avoir « beaucoup » pour être généreux, tu ne donneras jamais rien. Le miracle chrétien, c’est d’oser ouvrir la main alors qu’elle est presque vide. C’est le sourire que tu forces un peu le matin dans l’ascenseur alors que tu as passé une nuit pourrie. Ce sourire-là, c’est un miracle du peu. Il peut sauver la journée de quelqu’un.
3. Dieu fait le reste (et il y a des restes !)
Chrétiennement, le « miracle du peu », c’est la fin du perfectionnisme. On arrête de vouloir être parfaits avant d’être utiles. On dépose notre petite part de boulot, notre petit acte de charité, notre prière de trois mots (« Seigneur, aide-moi »), et on laisse Dieu mettre le levain dans la pâte.
À la fin de l’histoire des pains, on ramasse 12 paniers de restes. Pourquoi ? Pour nous dire que quand on mise sur le « peu » offert avec amour, Dieu ne se contente pas de compléter, il déborde.
En résumé pour ta semaine :
Ne méprise pas tes petits gestes. Ne dis plus « c’est seulement… ».
- Ce n’est pas « seulement » un coup de fil.
- Ce n’est pas « seulement » un pardon murmuré.
- Ce n’est pas « seulement » une bougie allumée.
C’est ton « peu » à toi. Et dans les mains du Christ, ton « peu » est largement suffisant pour nourrir une foule.

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