Le 6 janvier, dans la tradition catholique, c’est bien sûr la fête de l’Épiphanie, mais c’est aussi le jour où l’on fête un saint particulièrement inspirant, surtout quand on parle du « miracle du peu » et des petits gestes : Saint André Bessette, qu’on appelle affectueusement le Frère André.

Le Portier qui a fait trembler les montagnes

Si on devait faire un CV du Frère André, ce serait une catastrophe selon les critères modernes. Orphelin très jeune, santé fragile, presque analphabète, il n’arrivait à garder aucun boulot manuel parce qu’il s’épuisait trop vite. Quand il entre chez les Frères de Sainte-Croix à Montréal, ses supérieurs ne savent pas quoi en faire. Ils finissent par lui donner le poste le plus « bas » de l’échelle : portier.

Il disait lui-même avec beaucoup d’humour : « À la fin de mon noviciat, mes supérieurs m’ont montré la porte, et j’y suis resté pendant 40 ans ! »

1. La puissance de l’accueil (le micro-geste ultime)

Sa seule mission était d’ouvrir la porte, de dire bonjour et d’orienter les visiteurs. Mais il le faisait avec une telle qualité de présence que les gens ont commencé à faire la queue, non pas pour entrer dans le collège, mais pour lui parler.

Dans nos vies : On pense souvent que pour aider les gens, il faut avoir des solutions magiques ou des conseils de psy. Le Frère André nous montre que « tenir la porte » à l’autre — l’écouter vraiment, lui faire de la place — est le plus grand miracle qu’on puisse offrir. Parfois, être « portier » dans sa propre famille ou au boulot (celui qui accueille la parole de l’autre sans juger), c’est révolutionnaire.

2. L’huile de la confiance

Quand les gens lui demandaient une guérison ou une aide, il ne disait jamais : « C’est moi qui vais t’aider ». Il leur donnait un peu d’huile d’une lampe qui brûlait devant une statue de Saint Joseph et leur disait : « Frictionnez-vous et priez ».

C’était dérisoire. Une goutte d’huile et une prière toute simple. C’est là qu’on retrouve notre « miracle du peu ». Il ne se prenait pas pour un super-héros ; il était juste le « passeur ».

3. De la petite loge à la basilique

À force de petits gestes, de petites prières et d’écoutes de quelques minutes, cet homme « inutile » a fini par déclencher un mouvement de foule tel qu’il a fait construire l’Oratoire Saint-Joseph à Montréal, l’une des plus grandes églises au monde.

Mais le vrai miracle n’est pas dans les pierres de la basilique. Il est dans les milliers de cœurs qu’il a réparés, un par un, juste en ouvrant une porte.

Ce qu’on peut en tirer pour aujourd’hui :

Le Frère André nous donne la permission de ne pas être des « performants ». Il nous dit :

  • Ta faiblesse n’est pas un obstacle pour faire le bien.
  • Ton poste « subalterne » peut être le lieu du plus grand amour.
  • Dieu (ou la vie, selon tes convictions) adore passer par les chemins les plus humbles.

Le 6 janvier, on fête l’Épiphanie (les mages qui apportent de l’or), mais on fête aussi le Portier (qui apporte son écoute). C’est un beau rappel : on n’a pas tous de l’or en barre, mais on a tous une porte à ouvrir.

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