On a souvent l’image de l’Esprit Saint comme une force qui passe, une petite inspiration qui nous traverse ou une colombe qui s’envole. Mais dans le texte de Jean, il se passe quelque chose de beaucoup plus radical.

On voit souvent la colombe comme un symbole de paix un peu mou. Mais ici, il faut revenir à la Genèse : c’est l’oiseau qui survole les eaux du déluge pour annoncer que la terre est enfin habitable. L’Esprit qui descend sur Jésus comme une colombe, c’est Dieu qui dit : « Le chaos est fini. Avec ce gars-là, on repart à zéro. » C’est le symbole d’une création toute neuve qui commence au bord d’une rivière.

Le texte dit que l’Esprit descend et demeure sur lui. C’est ça qui change tout. D’habitude, dans l’Ancien Testament, l’Esprit « tombe » sur un prophète pour un job précis, puis repart. Là, l’Esprit pose ses valises. Il s’installe. Il squatte. C’est le symbole d’une connexion permanente. Entre Dieu et Jésus, il n’y a plus de friture sur la ligne, plus de distance. C’est une fusion totale.

Jean le Baptiste dit : « Moi, je vous ai plongés dans l’eau, mais lui va vous plonger dans l’Esprit. » L’Esprit ici, c’est comme un liquide vital. C’est l’idée que suivre Jésus, ce n’est pas juste suivre des règles ou être poli, c’est être immergé dans une énergie qui nous dépasse. C’est passer de la douche froide (le remords, le « je dois faire mieux ») au bain bouillonnant (la vie, la passion, la force d’aimer).

Le symbolisme de l’Esprit ici, c’est de nous dire que Dieu n’est plus un concept lointain ou une voix dans les nuages. Par Jésus, l’Esprit devient « résident ». Il n’est plus un visiteur de passage, il devient notre environnement naturel.

On n’est plus tout seuls à essayer d’être des gens biens ; on est « poussés » par un souffle qui a décidé de ne plus jamais nous lâcher.

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