On passe tous un temps fou au bord du bassin. On regarde les autres nager, on vérifie la météo, on se demande si l’eau est à la bonne température et si le maillot nous va bien. On analyse, on pèse le pour et le contre, on fait des listes. Mais la vérité, c’est que la vie n’est pas une piscine chauffée, c’est une falaise.

Vivre « prudemment », c’est souvent juste une manière polie de dire qu’on a peur de se mouiller. On attend le « moment idéal » pour lancer ce projet, pour dire ce qu’on a sur le cœur, pour changer de trajectoire. Spoiler : le moment idéal n’existe pas. C’est une invention de notre cerveau pour rester au sec, là où c’est confortable mais où il ne se passe strictement rien.

Le « grand plongeon », c’est cet instant précis où tes pieds ne touchent plus le sol. C’est terrifiant parce qu’on perd le contrôle. Mais c’est précisément dans cette chute que tu découvres qui tu es vraiment. On ne sait pas nager en lisant des bouquins de théorie ; on sait nager parce qu’on a eu la tête sous l’eau et qu’on a dû remonter. La vie, c’est ce passage obligé de la panique au réflexe, du « je vais mourir » au « tiens, je flotte ».

Une fois que tu as sauté, le monde change. Les bruits de la surface s’estompent. Tu n’es plus un spectateur, tu es un acteur de ta propre gravité. Le grand plongeon, c’est accepter que la vie est risquée, instable et parfois un peu froide au début. Mais c’est le seul moyen de ressentir la poussée d’Archimède : cette force qui te remonte vers le haut quand tu as touché le fond.

Le danger, ce n’est pas de plonger et de rater son plat. Le vrai danger, c’est de passer sa vie sur le carrelage à regarder l’eau croupir. On est faits pour l’immersion, pour le mouvement, pour le grand saut.

Alors, au lieu de te demander si tu es prêt, demande-toi juste si tu as envie de rester sec toute ta vie.

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