Frères et sœurs,

Aujourd’hui, avec l’Épiphanie, on fête les Rois Mages. On a tous en tête cette image d’Épinal : trois hommes sur des chameaux, des couronnes dorées et des cadeaux précieux. Mais si on regarde de plus près l’Évangile de Matthieu, ce texte nous dit quelque chose de très bousculant sur notre manière de chercher le bonheur en 2026.

Les mages, ce sont des chercheurs. Ce sont des gens qui scrutent le ciel. Ils n’attendent pas que la vérité leur tombe toute cuite dans la bouche ; ils se mettent en route parce qu’ils ont vu un signe.

Aujourd’hui, nous aussi, nous scrutons des étoiles. Mais souvent, ce sont les étoiles de nos écrans : les étoiles des avis Google, les « likes » sur les réseaux, les étoiles de la réussite sociale ou du dernier gadget à la mode. On suit ces lumières en pensant qu’elles vont nous rendre heureux. Mais est-ce qu’elles nous mènent vraiment quelque part ? Les mages nous disent : « Ne vous trompez pas de lumière. Cherchez celle qui met votre cœur en paix, pas celle qui vous éblouit les yeux. »

Dans l’Évangile, il y a deux types de pouvoir. D’un côté, Hérode. C’est le roi du « moi-je ». Il a peur, il s’inquiète pour sa place, il est prêt à mentir pour garder son contrôle. Hérode, c’est notre côté qui veut tout gérer, tout dominer, et qui voit l’autre comme une menace.

De l’autre côté, il y a Jésus. Un bébé. Pas d’armée, pas de compte en banque, pas de palais. Son seul pouvoir, c’est l’amour et la vulnérabilité. L’Épiphanie, c’est le moment où l’on doit choisir : est-ce que je veux un Dieu qui m’écrase par sa puissance, ou un Dieu qui me rejoint dans ma fragilité ? Les mages, qui étaient pourtant des puissants, se mettent à genoux devant un enfant. Quelle leçon d’humilité pour nous qui voulons toujours avoir raison !

Ils ouvrent leurs coffrets : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Aujourd’hui, on ne va pas apporter de l’or à la crèche. Mais l’or, c’est notre temps, ce que nous avons de plus précieux. L’encens, c’est notre prière, nos silences. La myrrhe, c’est ce qui soigne les blessures, c’est notre solidarité avec ceux qui souffrent.

Offrir ses cadeaux, c’est dire : « Seigneur, je ne te donne pas seulement mes restes, je te donne ce qui compte pour moi. »

C’est la phrase finale, et c’est la plus importante. On ne rencontre pas le Christ pour rester le même. Les mages ne font pas demi-tour vers Hérode. Ils changent de direction. Rencontrer Dieu dans sa vie, ça change nos itinéraires.

  • Peut-être que ce « chemin différent » pour nous, cette semaine, ce sera de pardonner à quelqu’un.
  • Ce sera de consommer moins pour donner plus.
  • Ce sera d’arrêter de s’inquiéter pour demain et d’apprendre la confiance

L’Épiphanie, ce n’est pas une histoire d’astronomie ancienne. C’est l’histoire de notre soif de sens. Dieu ne se cache pas, il met des étoiles dans nos vies : un service rendu, une parole de réconfort, un silence habité.

À nous d’avoir le courage des mages : lever les yeux, se mettre en marche, et accepter de se laisser surprendre par un Dieu qui se trouve là où on ne l’attendait pas.

Amen.

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