Chers frères et sœurs,

Aujourd’hui, nous célébrons le Dimanche de la Sainte Famille. Quand on pense à Marie, Joseph et Jésus, on imagine souvent une image pieuse et sereine, toute de douceur. Mais l’Évangile que nous venons d’entendre nous révèle une réalité bien différente : celle d’une famille confrontée à la peur, à la fuite et à l’incertitude.

Ce passage de Matthieu, c’est l’histoire d’une famille déplacée.

L’ange apparaît à Joseph et lui dit : « Lève-toi, prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. » C’est une urgence. Hérode veut tuer l’enfant. Marie, Joseph et Jésus deviennent des réfugiés, des exilés, loin de leur terre, de leurs repères, de leur famille élargie. Ils doivent tout laisser derrière eux pour sauver la vie de leur enfant.

N’est-ce pas une histoire qui résonne terriblement avec notre monde d’aujourd’hui ? Combien de familles sont obligées de fuir la guerre, la violence, la misère, pour chercher un lieu où leurs enfants pourront simplement vivre et grandir en sécurité ?

La Sainte Famille nous rappelle que la vie de famille n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Elle est faite de moments où l’on doit prendre des décisions difficiles, où l’on doit se sacrifier pour le bien de l’autre, où l’on se sent seul et vulnérable. Joseph, le père, doit prendre la responsabilité de protéger les siens, en écoutant la voix de Dieu, même si elle lui dit de prendre la route vers l’inconnu.

Le lien avec nous : Nos familles aussi connaissent l’épreuve. Ce sont des deuils, des maladies, des pertes d’emploi, des déménagements difficiles, des conflits… La Sainte Famille nous dit : le soutien mutuel est vital. Dieu est présent dans la fuite, dans la difficulté.

Après la mort d’Hérode, l’ange réapparaît : « Lève-toi, prends l’enfant et sa mère, et pars pour le pays d’Israël. » Mais même le retour n’est pas simple. Quand Joseph apprend qu’Arkélaüs règne en Judée, la peur revient. Il est mis en garde et se retire en Galilée, dans la ville de Nazareth.

Nazareth ! Ce nom ne disait rien à personne à l’époque. C’était un petit village ordinaire, sans importance.

La Sainte Famille ne va pas s’installer dans le luxe ou au centre du pouvoir. Elle va s’établir dans le quotidien simple et discret de Nazareth. C’est là que Jésus va grandir, apprendre, travailler de ses mains avec Joseph. C’est là que Marie va l’éduquer, l’aimer.

Le lien avec nous : Dieu ne nous demande pas de vivre des aventures extraordinaires tous les jours. Il nous demande de sanctifier l’ordinaire.

  • C’est dans l’assiette préparée le soir.
  • C’est dans l’aide aux devoirs donnée avec patience.
  • C’est dans le pardon demandé ou donné après une dispute.
  • C’est dans le temps passé ensemble sans écran.

C’est dans ces petits gestes quotidiens, sans éclat, que nos familles deviennent des lieux où l’amour de Dieu grandit. C’est le message de Nazareth : la simplicité est le terreau de la sainteté.

Aujourd’hui, nous ne sommes pas appelés à être parfaits comme dans une image d’Épinal, mais à être fidèles dans la tempête et dans le calme plat.

La famille est la première « Église domestique ». C’est le premier endroit où nous apprenons à :

  1. Aimer et pardonner comme le Christ.
  2. Écouter la voix de Dieu, comme Joseph écoutait l’ange, non pas dans un tonnerre mais dans le silence de la nuit et de la conscience.
  3. Servir l’autre, comme Marie a servi son enfant et son époux.

Que la Sainte Famille de Nazareth, cette famille de déplacés, de travailleurs et d’hommes et de femmes de foi, nous inspire. Qu’elle nous donne le courage, comme Joseph, de nous lever quand la peur nous paralyse. Qu’elle nous donne la grâce, comme Marie, d’aimer et de croire au milieu de l’incertitude.

Amen.

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