Nous avons tous des dossiers dans notre vie que nous avons étiquetés « Archivé », « Échec définitif », ou simplement « Trop tard ». C’est le domaine que l’on ne prie plus, le rêve que l’on ne mentionne plus, la blessure dont on s’est résigné à accepter la douleur chronique.

La question est : Quel est le domaine de votre vie que vous avez classé comme une « cause perdue » et que vous pourriez rouvrir à l’espérance pendant ce temps de l’Avent ?
Réflexion Chrétienne : Le Dieu des Nouveaux Départs
Le message central de l’Avent, c’est que Dieu ne respecte pas nos classements.
1. Sortir du statu quo de la fatalité
L’histoire chrétienne est fondamentalement une série de ruptures avec la fatalité.
- Zacharie et Élisabeth (Lc 1) : Trop vieux ? Dieu dit : « Nouvelle vie. »
- Marie (Lc 1) : Trop jeune, trop simple, situation impossible ? Dieu dit : « Salut, pleine de grâce. »
- La Crèche : Pas de place ? Dieu dit : « C’est l’endroit parfait. »
Dans la Bible, les plus grands miracles se produisent au point de non-retour. C’est lorsque l’humain déclare l’échec que Dieu prépare son intervention. Si vous avez classé une situation comme perdue, c’est peut-être précisément là que l’espace est libre pour l’œuvre de l’Esprit. Notre résignation est souvent la seule chose qui empêche Dieu d’agir.
2. L’espérance n’est pas de l’optimisme
L’espérance chrétienne n’est pas un optimisme naïf du style « tout va bien se passer ». C’est une certitude théologique ancrée dans la résurrection du Christ : la mort n’est pas le mot de la fin.
Espérer, c’est affirmer : Même si cette situation ne change jamais de la manière dont je l’ai planifiée, je sais que Dieu est à l’œuvre. Même si je dois porter cette croix pour toujours, l’Amour est plus fort que la souffrance.
Durant l’Avent, nous attendons la venue de celui qui est le Maître des possibilités (« Rien n’est impossible à Dieu » – Lc 1, 37). Rouvrir le dossier de l’espérance, c’est lui dire : « Seigneur, je te redonne les clés de cette zone bloquée. Fais ta volonté. »
🛠️ Aide à la réflexion pour l’avent (action concrète)
Prenez un temps de silence (à la manière de Zacharie) et identifiez cette « cause perdue ». Elle peut être dans un des domaines suivants :
| Domaine | La « Cause Perdue » | L’Acte d’Espérance pour l’Avent |
| Relationnel | Un conflit familial ou amical que vous avez décidé d’ignorer ou de fuir, le qualifiant d’irréparable. | Action : Priez pour cette personne chaque jour sans attendre de changement. Cherchez un petit geste d’ouverture ou de pardon (même non communiqué). |
| Personnel/Intérieur | Un défaut, une addiction, une vieille blessure (colère, anxiété, jalousie) que vous croyez être une partie intégrante de vous-même, sans espoir de guérison. | Action : Confiez une facette précise de cette blessure à Dieu chaque semaine. Lisez un passage de l’Évangile (comme la guérison d’un muet ou d’un aveugle) et demandez : « Fais-le aussi pour moi. » |
| Spirituel | Le sentiment d’être « froid », de ne plus sentir la présence de Dieu, de trouver la prière stérile. Vous avez baissé les bras. | Action : Changez de « format ». Essayez une nouvelle manière de prier que vous détestiez : la louange, la méditation silencieuse, la lecture de l’Évangile. Forcez-vous à dire « Je t’aime » à Dieu une fois par jour. |
| Professionnel/Mission | Un projet de vie, un appel, ou une opportunité qui vous a échappé, et que vous avez abandonné. | Action : Écrivez une phrase sur l’état de ce rêve aujourd’hui. Puis, demandez à Dieu, non pas de le réaliser, mais de vous montrer la petite action suivante qu’il veut que vous fassiez (appeler quelqu’un, lire un livre, prier un certain psaume). |
L’Avent est le temps où l’on se prépare à l’improbable Incarnation. Il n’y a pas de meilleur moment pour rouvrir le dossier qui semble fermé à double tour.

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