Le 19 décembre, le calendrier catholique fête principalement le Bienheureux Urbain V (Guillaume de Grimoard), pape de 1362 à 1370, qui est l’un des papes d’Avignon.

À l’approche de Noël, ce pape nous offre une réflexion puissante sur le leadership et le courage de rompre avec le confort pour agir selon sa conscience.

L’héritage d’Urbain V : le courage de quitter le confort

Urbain V n’était pas destiné à être pape. Moine bénédictin et intellectuel, il régnait depuis Avignon, une résidence papale devenue riche, sécurisée et… confortable. L’Église y était stable, loin des querelles politiques de Rome.

Pourtant, la ville de Rome, berceau spirituel de l’Église, était en ruines et en proie à l’anarchie.

1. La tension entre le confort et la mission

En 1367, Urbain V prend une décision radicale : il quitte la sécurité et le faste d’Avignon pour retourner à Rome. Ce n’était pas un choix populaire. Les cardinaux, habitués au luxe provençal, s’y sont opposés. Le voyage était dangereux, la ville d’arrivée misérable.

Sa réflexion pour nous aujourd’hui est : où avons-nous installé notre « Avignon » ?

  • Dans nos vies personnelles, l’Avignon symbolise notre zone de confort, nos habitudes routinières, les relations qui nous sécurisent mais nous empêchent d’évoluer.
  • Dans nos vies spirituelles ou professionnelles, c’est l’endroit où nous faisons le strict minimum parce que c’est ce qui est attendu, sans prendre de risques ni chercher l’excellence.

Urbain V nous rappelle qu’un véritable leader spirituel (et tout être humain est leader de sa propre vie) doit parfois sacrifier son bien-être immédiat pour répondre à un appel plus grand ou à une mission essentielle. Le prix de la fidélité à la mission est souvent l’inconfort.

2. Le prix de la vision à long terme

Le retour à Rome d’Urbain V fut difficile. Les puissances locales ne l’aimaient pas, la situation politique était instable, et, épuisé, il finit par retourner à Avignon avant de mourir peu après. Son geste n’a pas eu de succès immédiat et permanent (le pape suivant est encore resté à Avignon).

Pourtant, son acte a posé la première pierre symbolique du retour définitif de la papauté à Rome des années plus tard. C’était un acte de vision à long terme, de la part de quelqu’un qui voyait au-delà de sa propre vie et de ses propres limites.

Réflexion pour l’Avent : L’Avent est un temps d’attente et de préparation pour le retour du Christ. Urbain V nous invite à nous demander :

  • Quel est le « Rome » que je sais devoir reconstruire dans ma vie (une relation abîmée, un engagement délaissé, une vertu à travailler), même si ce travail semble ingrat et impopulaire auprès de mon « moi » confortable ?
  • Quel petit acte de rupture avec mon confort puis-je poser aujourd’hui (le 19 décembre, tout près de Noël) pour préparer l’arrivée de la Lumière ? Cet acte ne donnera peut-être pas de résultat spectaculaire, mais il posera un jalon essentiel pour l’avenir.

Le Bienheureux Urbain V nous enseigne que le véritable courage n’est pas de faire face au danger, mais de quitter volontairement sa zone de sécurité quand la mission l’exige.

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