On a parfois l’impression que croire en Dieu, c’est rajouter une couche de “religieux” sur notre vie.
Un peu comme on met un filtre sur une photo : en surface, ça change la couleur, mais au fond, rien n’a bougé.

  • Tu vis ta vie comme tout le monde.
  • Tu rajoutes : la messe de temps en temps, une prière quand ça va mal, un signe de croix avant un examen, une croix autour du cou.
    Et tu te dis : “Voilà, ça c’est ma partie ‘Dieu’ dans ma vie.”

Le problème, c’est que ce n’est pas ça que Dieu veut.
Dieu ne veut pas être un “plus” dans ton planning.
Il veut être la source, le centre, ce qui donne sens au reste.

Il ne veut pas juste ajouter une couche de religieux sur ton quotidien.
Il veut transformer de l’intérieur ta façon de vivre, de croire, d’aimer.

On vit dans un monde où on cumule les activités :
sport, études, boulot, sorties, réseaux, séries… et, pour certains, “un peu de Dieu” par-dessus.

Mais Dieu n’est pas un loisir.
Il ne cherche pas à être au même niveau que la salle de sport ou Netflix.

Ce qu’il veut, ce n’est pas : “Fais un peu de prière pour équilibrer ta semaine.”
Ce qu’il veut, c’est : “Laisse-moi entrer dans ta vie pour que tout le reste prenne une autre couleur.”

Croire, ce n’est pas cocher la case “religion” dans un questionnaire.
C’est laisser Dieu s’inviter dans tes choix, tes blessures, tes peurs, tes projets.

Quand Dieu entre vraiment dans une vie, ça ne se voit pas seulement à l’extérieur (un chapelet accroché au rétro, une croix au mur).
Ça commence à l’intérieur.

Dieu veut :

  • Te libérer de ce qui t’enferme : la comparaison permanente, la course à la perfection, l’obsession du regard des autres.
  • Te donner une autre manière de voir : ne plus te définir par tes échecs ou tes réussites, mais par son regard à Lui.
  • Mettre de la cohérence : que ce que tu dis croire se reflète peu à peu dans ta manière de travailler, de parler, de gérer ton argent, ton corps, ton temps.

Par exemple :

  • Tu critiques par réflexe ? Il vient travailler ton regard, pour te faire voir le bien chez l’autre.
  • Tu cours tout le temps ? Il vient te redonner des temps de vrai repos, pas seulement de distraction.
  • Tu te sens nul(le) ? Il veut te rappeler que ta valeur ne se négocie pas : tu es aimé(e), un point c’est tout.

Ça, ce n’est pas “une couche de religieux”.
C’est une vie qui commence à changer de l’intérieur.

On peut avoir une foi “de façade” :

  • “Je crois qu’il y a quelque chose au-dessus.”
  • “J’ai été baptisé, donc je suis croyant.”
  • “Je prie quand j’ai besoin d’un coup de pouce.”

Mais Dieu veut aller plus loin que ça.

Il veut te faire passer :

  • d’une foi héritée à une foi choisie ;
  • d’une foi vague à une relation vivante ;
  • d’un “Dieu lointain” à un “Dieu présent dans ma journée”.

Concrètement, ça peut passer par des choses simples :

  • Oser lui parler pour de vrai, avec tes mots, même si c’est maladroit.
  • Lire parfois l’Évangile, pas comme un vieux texte poussiéreux, mais comme une parole qui te concerne aujourd’hui.
  • Lui confier tes galères, tes questions, tes colères, au lieu de tout gérer seul(e).

Croire, ce n’est pas juste “admettre que Dieu existe”.
Même les démons, disait saint Jacques, croient que Dieu existe…
Croire, c’est lui faire de la place dans ta vie, au point qu’il puisse te bousculer, te relever, te remettre en route.

C’est peut-être là que tout se joue.

On aime tous, d’une façon ou d’une autre.
Mais souvent, notre manière d’aimer est blessée :

  • On aime pour être rassuré, pour être admiré, pour ne pas être seul.
  • On aime mais on garde le contrôle, on a peur de se donner vraiment.
  • On aime… mais on a du mal à pardonner, à patienter, à écouter.

Dieu ne veut pas juste que tu mettes un “Jésus t’aime” dans ta bio Insta.
Il veut t’apprendre à aimer comme Lui.

Ça veut dire :

  • Apprendre à voir l’autre comme une personne à respecter, pas comme un objet, un plan, un moyen de combler un vide.
  • Apprendre à pardonner des choses qu’humainement tu n’arrives pas à lâcher.
  • Apprendre à te donner, sans t’effacer, mais en te mettant vraiment au service du bien de l’autre.
  • Apprendre à t’aimer toi-même, non par orgueil, mais parce que tu te reconnais comme enfant de Dieu.

Ce n’est pas magique ni instantané.
C’est un chemin.
Mais si on le laisse faire, Dieu vient guérir notre manière d’aimer : en famille, en couple, en amitié, au travail.

Dieu ne forcera jamais la porte.
Il attend qu’on lui dise oui, même un petit oui, maladroit, timide.

Quelques pistes concrètes :

  • Lui parler vrai :
    “Seigneur, je ne veux pas juste être ‘un peu religieux’. Je veux que tu entres pour de vrai dans ma vie. J’ai peur, je résiste, mais je te donne la permission de travailler mon cœur.”
  • Lui donner du temps régulier :
    5 à 10 minutes par jour, c’est déjà énorme : en silence, avec un psaume, un Évangile, une parole. Sans écran, sans distraction.
  • Accepter qu’il te dérange :
    S’il te pousse à demander pardon, à changer une habitude, à couper une relation toxique, à te rapprocher d’un sacrement (confession, eucharistie)… ne fuis pas tout de suite.
  • Chercher à vivre ta foi en actes :
    Pas juste prier, mais aussi : un service, une attention, un choix concret qui montre que tu veux aimer comme Lui.

Dieu ne cherche pas des gens “bien sous tous rapports religieux”.
Il cherche des cœurs ouverts, même cabossés, même fatigués, mais prêts à se laisser travailler de l’intérieur.

Il ne veut pas t’ajouter une dose de “spirituel” comme on ajoute du sucre dans un café.
Il veut, peu à peu, refaire la recette avec toi : ta manière de vivre, de croire, d’aimer.

La vraie question, ce n’est pas :
“Est-ce que je suis assez religieux ?”
Mais plutôt :
“Est-ce que je laisse vraiment Dieu me transformer de l’intérieur, ou est-ce que je me contente d’une couche de vernis chrétien sur ma vie d’avant ?”

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