L’Evangile
« Personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste » (Mt 11, 11-15)

Alléluia, Alléluia. Ciel, répands ta rosée ! Nuées, faites pleuvoir le juste ! Terre, ouvre-toi, que germe le Sauveur ! Alléluia. (cf. Is 45, 8)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là,
Jésus déclarait aux foules :
« Amen, je vous le dis :
Parmi ceux qui sont nés d’une femme,
personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ;
et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux
est plus grand que lui.
Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent,
le royaume des Cieux subit la violence,
et des violents cherchent à s’en emparer.
Tous les Prophètes, ainsi que la Loi,
ont prophétisé jusqu’à Jean.
Et, si vous voulez bien comprendre,
c’est lui, le prophète Élie qui doit venir.
Celui qui a des oreilles,
qu’il entende ! »
Sa réflexion
Jésus rend un hommage incroyable à Jean : il est le plus grand des hommes (v. 11). Jean représente l’achèvement de toute l’attente d’Israël, la dernière voix avant que la Parole n’agisse. Il a préparé le chemin, il a désigné l’Agneau.
- Concrètement, pour nous en Avent : L’Avent est notre temps de « Jean le Baptiste ». C’est le moment de faire le point : Qu’est-ce que nous devons terminer ou laisser derrière nous pour accueillir la nouveauté de Noël ? Quelles habitudes, quelles rancunes, quels doutes font obstacle ? L’Avent nous appelle à une préparation radicale pour que notre cœur soit prêt.
Le verset 12 est souvent difficile à comprendre : « Le royaume des Cieux est pris d’assaut, et ce sont les violents qui s’en emparent. » Que signifie cette « violence » ?
Dans ce contexte, la violence n’est pas la brutalité, mais la détermination ardente et le courage nécessaire pour choisir Dieu et sa voie. Le royaume n’est pas un cadeau passif. Y entrer demande un effort, un combat intérieur pour :
- Changer de cap (la conversion) : Se détourner du confort ou des compromis de la vie pour se tourner vers l’Évangile.
- Vaincre l’inertie : Lutter contre la paresse spirituelle, la routine, ou les distractions qui nous éloignent de l’essentiel.
- Affronter le doute : Refuser de se laisser paralyser par la peur du jugement ou le manque de foi.
- Concrètement, pour nous en Avent : L’Avent est le temps de la sainte audace. Être « violent » pour le royaume aujourd’hui, c’est :
- Prendre la décision ferme de bloquer du temps pour la prière, malgré l’agitation des préparatifs de Noël.
- Faire le geste courageux de pardonner ou de demander pardon à quelqu’un avant la fête.
- « Forcer » notre emploi du temps pour un service ou une charité concrète qui nous coûte un effort. Le royaume nous est offert, mais il faut une volonté forte pour le saisir et le vivre pleinement.
Jésus termine par un appel urgent : Jean est bien l’Élie attendu, le signe que le temps est accompli. Le jugement et la grâce sont là, à portée de main. « Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »
- Concrètement, pour nous en Avent : Ce temps nous rappelle que Dieu vient maintenant. Il ne nous demande pas d’attendre passivement Noël dans un mois, mais d’ouvrir nos « oreilles » et d’agir aujourd’hui.
- Arrêtons de remettre à plus tard notre engagement spirituel. La grâce de la présence de Dieu est disponible dès cet instant.
- Le royaume est déjà là, au milieu de nous, dans les petits signes de paix, de justice et d’amour que nous pouvons semer.
L’Avent n’est pas seulement un compte à rebours pour Noël. C’est un appel à l’action. C’est le temps de devenir des saints « violents », des hommes et des femmes qui, par une détermination joyeuse et concrète, prennent d’assaut le royaume. Pour accueillir l’Enfant de Bethléem, nous devons d’abord préparer le chemin dans le chaos de nos vies, avec la même ardeur que Jean le Baptiste.

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