On se sent souvent écrasé par les grands gestes. Sur les réseaux sociaux, on voit des gens qui partent en mission humanitaire, qui lancent des levées de fonds impressionnantes, ou qui vivent une foi qui semble « parfaite » 24/7. Du coup, notre contribution personnelle nous paraît ridicule.

C’est là que l’Évangile vient mettre un gros coup de pied dans notre manière de penser.
La vraie richesse n’est pas dans la quantité
Dans la Bible, le principe est clair : Dieu ne regarde pas combien tu donnes, mais comment tu donnes.
- Exemple biblique choc : La parabole de la veuve qui met seulement deux petites pièces dans le Trésor (Marc 12, 41-44). Jésus est formel : elle a mis plus que tous les riches. Pourquoi ? Parce qu’ils ont donné de leur superflu, mais elle, elle a donné tout ce qu’elle avait pour vivre.
- Aujourd’hui, ça veut dire quoi ?
- Si un millionnaire fait un chèque d’un million d’euros mais garde l’essentiel de sa fortune pour lui, c’est bien.
- Si l’étudiant fauché vous donne 5 euros parce qu’il sait que vous en avez plus besoin que lui pour son prochain repas, c’est exponentiel spirituellement.
La vraie richesse chrétienne est l’entièreté de l’offrande, pas le volume de l’offrande.
Oser donner son « peu » : des exemples très concrets
Le « peu » que nous avons à offrir, ce n’est pas seulement de l’argent. C’est surtout notre temps, notre énergie, et nos petites qualités. Et ce sont souvent ces choses-là qu’on hésite le plus à donner, de peur d’être jugé ou de ne pas être efficace.
1. Le « peu » de temps
- Le blocage : « Je n’ai qu’une demi-heure entre deux réunions. C’est trop court pour appeler ma grand-mère isolée, ça ne servira à rien. »
- L’audace : Faire cet appel de 15 minutes. Ces 15 minutes pleines, concentrées, où vous écoutez vraiment, peuvent faire la journée (ou la semaine) de cette personne. Le « peu » de temps est transformé par la pleine présence.
2. Le « peu » d’énergie
- Le blocage : « Je suis déjà épuisé(e) par ma semaine. Je ne peux pas rendre service à mon voisin en l’aidant à porter ses courses, je vais craquer. »
- L’audace : Proposer de l’aide pour juste le dernier sac qu’il a du mal à porter, ou lui sourire sincèrement et lui demander « Comment allez-vous, vraiment ? ». C’est le petit effort fait quand vous n’en avez plus qui porte le plus de fruit. C’est le sacrifice qui multiplie l’amour.
3. Le « peu » de compétence
- Le blocage : « Je ne suis qu’une développeuse junior. Je ne peux pas aider l’ONG du quartier à refaire son site, ils ont besoin d’un pro. »
- L’audace : Proposer de faire les mises à jour de sécurité du site, une tâche que personne ne veut faire et qui prend quelques heures. C’est le « peu » de votre talent mis au service d’une cause, et c’est souvent ce petit coup de pouce technique qui débloque tout.
La richesse que seul le « peu » révèle
Quand on donne son « peu », on ne compte pas sur ses propres forces. On reconnaît : « Ça, c’est tout ce que j’ai. Si ça doit servir, ce sera grâce à Toi. »
C’est dans cette humilité et cette confiance totale que réside la vraie richesse chrétienne :
- C’est la richesse de l’abandon : Vous vous déchargez du poids d’être « parfait » ou « suffisant ».
- C’est la richesse de la foi : Vous croyez que Dieu peut faire un grand miracle avec votre petit geste.
Ton « peu » n’est jamais le tien, il est celui que tu offres.
Le Christ n’a pas attendu un troupeau de héros pour bâtir son Église ; il a appelé des pêcheurs et des collecteurs d’impôts. Alors, aujourd’hui, qu’est-ce que tu retiens ?
Le monde n’a pas besoin de ton surplus, il a besoin de tout ton « peu » ! Osons le vider de nos mains pour qu’il puisse être rempli par la grâce de Dieu.

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