Frères et sœurs bien-aimés,
Nous voici au seuil d’une nouvelle année liturgique, et l’Église nous invite à entrer dans le temps sacré de l’Avent. Ce mot, « Avent », signifie « venue » – c’est le temps de l’attente, de la préparation fervente à la venue du Christ. Nous nous préparons, bien sûr, à célébrer sa première venue, il y a plus de 2000 ans, dans l’humilité de la crèche à Bethléem. Mais l’Évangile de ce jour, tiré de saint Matthieu, nous rappelle avec force qu’il s’agit aussi de nous préparer à sa seconde venue, la venue glorieuse à la fin des temps.

Jésus utilise une image saisissante pour nous parler de cette attente : l’époque de Noé. « Ce qui arriva aux jours de Noé arrivera de même à l’avènement du Fils de l’homme. »
Que se passait-il à l’époque de Noé ? Les gens « mangeaient et buvaient, ils prenaient femme et mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ». En d’autres termes, ils menaient leur vie ordinaire, absorbés par les préoccupations et les plaisirs du quotidien, sans aucune conscience de l’imminence du jugement. La vie continuait, banale et insouciante, jusqu’à ce que le Déluge arrive, à l’improviste, et les emporte tous.
Jésus nous dit que sa venue sera de même nature. Elle ne sera pas précédée d’un panneau d’affichage céleste ou d’une sonnerie de trompette annonçant le jour et l’heure. Elle sera soudaine, inattendue : « deux hommes seront aux champs : un sera pris, l’autre laissé. »
Ce passage n’est pas une menace, chers amis. C’est un appel vibrant à la vigilance : « Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient. »
Veiller, dans la perspective de l’Avent, ce n’est pas vivre dans une angoisse perpétuelle, les yeux fixés sur le ciel en attendant un signal. Ce n’est pas non plus s’isoler du monde en rejetant les joies de l’existence. Jésus ne reproche pas aux gens de Noé de manger ou de se marier, mais d’être endormis, insouciants, spirituellement aveugles au signe des temps.
Veiller, c’est :
- Être éveillé à la présence du Christ DÈS MAINTENANT : Le Seigneur ne vient pas seulement à la fin des temps. Il vient dans notre quotidien : dans l’Eucharistie, dans le visage du pauvre, dans la Parole proclamée, dans notre conscience. Être vigilant, c’est Le reconnaître dans ces « petites venues ».
- Vivre la Justice et l’Amour : La meilleure façon d’être prêt pour le Jour du Seigneur, c’est d’être trouvé en train de faire la volonté de Dieu. C’est d’aimer notre prochain, de pardonner, de rechercher la paix, de lutter contre l’égoïsme et l’indifférence qui nous « endorment ».
- Refuser l’Endormissement Spirituel : L’Avent est un temps pour nous « réveiller » de notre routine spirituelle. Qu’est-ce qui nous distrait ? Les soucis matériels excessifs ? Le bruit incessant ? L’épuisement ? Jésus nous encourage à déblayer le chemin dans nos cœurs pour qu’Il puisse y entrer pleinement.
Il donne l’exemple du maître de maison qui, s’il avait su à quelle heure le voleur allait venir, aurait veillé et n’aurait pas laissé forcer sa maison. Nous devons être plus intelligents que cela ! Nous ne savons pas l’heure, alors nous devons veiller en permanence.
L’Avent est donc le temps de l’Espérance (c’est la couleur violette qui le symbolise). Nous nous rappelons que le Christ est venu, qu’Il vient, et qu’Il reviendra. Cette certitude doit illuminer notre vie et nous donner le courage de nous convertir.
Alors que nous allumons la première bougie de notre Couronne de l’Avent, faisons monter cette prière : Seigneur, éclaire nos cœurs afin que nous ne soyons pas emportés par l’agitation du monde. Aide-nous à vivre pleinement ce temps d’attente, les lampes de notre foi allumées et nos cœurs prêts, afin que lorsque Tu viendras, à Noël ou à la fin des temps, nous puissions être pris avec Toi, dans la joie et la plénitude de ton Royaume.

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