Dans la foi chrétienne, l’attente n’est jamais synonyme de passivité ou de sommeil. L’Évangile nous appelle à une vigilance constante, une attitude que l’on nomme l’attente active. C’est une manière d’exister dans cet « intervalle » crucial entre la Première Venue du Christ (Son Incarnation et Sa Résurrection) et Sa Seconde Venue (la Parousie).

1. L’Espérance comme Moteur, non comme Inertie

L’attente active se fonde sur l’Espérance théologale.

  • L’Espérance n’est pas l’optimisme : L’optimisme est une disposition psychologique qui espère que tout ira bien. L’Espérance chrétienne est une vertu qui sait qui vient (le Christ) et ce qui vient (la Réconciliation finale), même quand tout va mal.
  • Les Talents et la Responsabilité : Dans la parabole des Talents (Mt 25, 14-30), le Maître demande des comptes au retour. L’attente n’autorise pas l’inaction du serviteur qui enterre son talent par peur. L’attente active signifie faire fructifier les dons reçus (temps, capacités, foi) jusqu’à ce que le Seigneur revienne. C’est la mise en œuvre de la charité dans le monde présent.

2. Le Vêtement de la Vigilance

L’attente active exige de ne pas se laisser distraire ou alourdir par les préoccupations terrestres.

  • Le Lâcher-prise : Jésus met en garde contre la débauche, l’ivresse et les soucis de la vie qui alourdissent le cœur (Lc 21, 34). Ces choses ne sont pas seulement des péchés moraux, elles sont des somnifères spirituels qui nous rendent incapables de percevoir les signes de l’approche du Seigneur, que ce soit dans l’histoire ou dans notre propre vie.
  • La Prière comme Poste de Garde : L’outil essentiel de cette attente est la prière. Jésus dit : « Veillez donc et priez en tout temps » (Lc 21, 36). Prier, c’est se tenir sur le poste de garde de son âme, rester en communication avec le Maître, pour être prêt à tout moment : « Heureux ces serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller » (Lc 12, 37).

3. Les Mains au Travail et le Cœur au Ciel

L’attente active est la tension dynamique entre notre engagement dans le monde et notre regard tourné vers l’éternité.

  • Le Service Concret : L’attente du Christ se vit dans le service du prochain. Chaque acte de justice, de compassion et de miséricorde est une manière d’accueillir le Christ déjà présent dans les « plus petits de ses frères » (Mt 25, 40). En cela, nous ne faisons pas passer le temps, nous le sanctifions.
  • Le Redressement de la Tête : Face aux signes de détresse du monde (les « signes cosmiques » ou nos épreuves personnelles), l’attente active nous donne la posture du croyant : « Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche » (Lc 21, 28). Cette attitude est le refus d’être dominé par la peur; c’est la manifestation extérieure que notre sécurité n’est pas de ce monde mais du Royaume qui vient.

En somme, l’attente active est une vocation à l’intensité de vie, nous appelant à vivre chaque jour non pas comme le dernier, mais comme le jour décisif où nous sommes appelés à rendre témoignage de l’amour du Christ, les mains occupées à servir et le cœur prêt à l’accueillir.

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