La persévérance, ou hypomonē en grec biblique, est bien plus qu’une simple qualité humaine; c’est une vertu théologale essentielle et un fruit de l’Esprit Saint dans la vie chrétienne. Elle est l’endurance active qui nous permet de rester fidèles à Christ et à Son appel malgré les épreuves, les tentations et la lassitude du chemin.

1. La Persévérance, une Résistance Active
Le mot grec hypomonē ne signifie pas une résignation passive ou le fait d’attendre sans rien faire. Il se traduit par « endurance sous l’épreuve » ou « fermeté patiente ».
- Une posture face à l’épreuve : C’est la capacité de se tenir debout et de continuer à avancer même lorsque l’environnement est hostile ou que le découragement nous guette. L’Apôtre Jacques écrit : « Sachez-le bien, la mise à l’épreuve de votre foi produit la persévérance (hypomonē) » (Jc 1, 3). L’épreuve n’est donc pas un obstacle, mais l’outil qui forge cette qualité.
- Le regard tourné vers le but : La persévérance chrétienne est toujours orientée vers une promesse ou un but : la vie éternelle et l’achèvement de la foi. L’auteur de l’épître aux Hébreux nous exhorte à courir la course qui nous est proposée, « les yeux fixés sur Jésus, le chef de notre foi et celui qui la mène à la perfection » (Hé 12, 1-2).
2. Le Modèle du Christ
Jésus-Christ est l’ultime exemple de la persévérance. Sa vie entière, de l’humiliation de la crèche jusqu’à la Passion, témoigne d’une endurance sans faille à faire la volonté du Père.
- Le prix de l’obéissance : Christ a persévéré dans Son obéissance « jusqu’à la mort, et la mort sur une croix » (Ph 2, 8). Sa persévérance n’a pas évité la souffrance, mais l’a transcendée, faisant de la croix l’instrument du salut.
- Notre Ancre : Lorsque nous sommes fatigués ou tentés d’abandonner, c’est en contemplant l’endurance du Christ que nous trouvons notre force. Il nous rappelle que notre lutte n’est rien en comparaison de Sa propre souffrance (1 P 2, 21-23).
3. Les Fruits de la Persévérance
La persévérance n’est pas seulement un moyen d’arriver au but; elle transforme notre caractère et approfondit notre relation avec Dieu.
- L’Espérance : L’Apôtre Paul établit une chaîne spirituelle essentielle : « bien plus, nous nous glorifions même de nos détresses, sachant que la détresse produit la persévérance, la persévérance une fidélité éprouvée, et la fidélité éprouvée l’espérance. Or l’espérance ne déçoit pas… » (Rm 5, 3-5). L’endurance est le chemin par lequel l’espérance devient une certitude inébranlable dans nos cœurs.
- Le Salut de l’Âme : Comme l’Évangile de Luc nous le rappelle (Lc 21, 19), c’est par notre persévérance que nous « sauverons nos vies » (ou « acquerons nos âmes »). La fidélité jusqu’au bout est la marque du véritable disciple. C’est en tenant ferme jusqu’à la fin que l’on reçoit la couronne de vie (Ap 2, 10).
La persévérance est donc la grâce de continuer d’aimer lorsque l’amour est difficile, de continuer de croire lorsque la vision est obscurcie, et de continuer d’espérer lorsque tout semble perdu. Elle est la preuve que notre force n’est pas la nôtre, mais celle de Dieu agissant en nous.

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