Le Dimanche du Christ Roi de l’Univers n’est pas simplement la dernière fête de l’année liturgique ; c’est le sommet et la synthèse de tout le mystère du salut. C’est l’invitation à reconnaître le Christ comme Seigneur de toute l’histoire, mais de manière très particulière cette année (Année C), à travers le prisme déroutant de la Croix et du dialogue avec le Bon Larron (Lc 23, 35-43).

1. Méditer le Paradoxe de la Royauté.
La première étape de la préparation est de laisser de côté nos images mondaines de la royauté : puissance militaire, richesse et gloire terrestre. L’Évangile nous montre un roi dépouillé, moqué, dont le trône est la Croix et dont la couronne est d’épines.
- Refuser la Célébrité, Accepter la Fragilité : Le Christ ne répond pas aux railleries (« S’il est le Messie… qu’il se sauve lui-même ! »). Se préparer, c’est accepter la fragilité dans sa propre vie et dans celle de l’Église, et comprendre que la force du Christ réside dans son amour sans limite et son don total de soi.
- Contempler l’Humilité : La véritable royauté du Christ se révèle dans son humilité radicale et sa capacité à pardonner même au dernier moment. Comment l’humilité peut-elle régner dans mes relations ?
2. S’Examiner Face aux Attitudes de la Croix
La scène de la Crucifixion met en lumière quatre types de relations avec Jésus, qui se rejouent dans nos vies :
- L’Indifférence (La foule) : Se préparer, c’est rompre avec l’indifférence. Où suis-je resté(e) spectateur du malheur ou de l’injustice, au lieu d’agir ?
- La Moquerie (Les chefs et les soldats) : C’est le cynisme ou l’incrédulité face à un Dieu qui ne correspond pas à mes attentes de performance. Se préparer, c’est identifier ces jugements dans mon cœur.
- La Foi (Le Bon Larron) : L’attitude du malfaiteur est le modèle de la conversion de dernière minute. Il n’a rien à offrir, sauf un cœur humble et une simple demande : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. »
Action de préparation : Adopter la prière du Bon Larron. Pendant la semaine, réciter cette phrase comme un acte de foi et d’abandon, reconnaissant que notre salut ne dépend pas de nos mérites, mais de la miséricorde du Roi.
3. Accueillir l’Urgence du « Aujourd’hui »
La réponse de Jésus au malfaiteur est fulgurante : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » Le Royaume n’est pas seulement pour demain ; il est accessible maintenant.
- Le Christ-Roi dans l’Action Présente : Se préparer, c’est décider de laisser le Christ régner sur une réalité concrète de notre vie : un conflit à résoudre, une mauvaise habitude à abandonner, un service à rendre. La royauté du Christ se manifeste quand nos choix d’aujourd’hui sont faits par amour et non par égoïsme.
- Célébrer la Fin et le Commencement : Cette Solennité marque la fin de l’année liturgique et nous prépare à l’Avent. C’est un moment pour faire un bilan spirituel : où ai-je permis au Christ de régner cette année, et dans quel domaine dois-je encore lui remettre les clés ? C’est le jugement des nations (Matthieu 25) anticipé, où le Roi demande : « Ce que vous avez fait au plus petit de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »
En nous préparant à cette fête, nous ne nous apprêtons pas à acclamer un monarque terrestre, mais à nous agenouiller devant le Crucifié, qui nous ouvre le Paradis par l’acte le plus humble et le plus grand d’amour.

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