L’Evangile
« Ah ! si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui donne la paix ! » (Lc 19, 41-44)

Alléluia. Alléluia.
Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur,
mais écoutez la voix du Seigneur.
Alléluia. (cf. Ps 94, 8a.7d)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
En ce temps-là,
lorsque Jésus fut près de Jérusalem,
voyant la ville, il pleura sur elle, en disant :
« Ah ! si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour
ce qui donne la paix !
Mais maintenant cela est resté caché à tes yeux.
Oui, viendront pour toi des jours
où tes ennemis construiront des ouvrages de siège contre toi,
t’encercleront et te presseront de tous côtés ;
ils t’anéantiront,
toi et tes enfants qui sont chez toi,
et ils ne laisseront pas chez toi pierre sur pierre,
parce que tu n’as pas reconnu
le moment où Dieu te visitait. »
Sa réflexion
Pleurer ce qui mène à la Paix
Le Chagrin devant l’Aveuglement
Le geste de Jésus est d’une tendresse et d’une tristesse infinies. Il ne menace pas, il pleure. Ce n’est pas la colère d’un juge, mais la douleur d’un ami ou d’un parent qui voit l’autre courir à sa perte. Jérusalem, la « Ville de la Paix », refuse de voir ce qui mène à la paix véritable.
Dans nos vies, cette scène nous interroge sur notre propre aveuglement. Comme Jérusalem, nous sommes souvent tellement pris par l’agitation, les préoccupations immédiates ou les fausses sécurités que nous ne reconnaissons pas « ce qui donne la paix ». La paix que Jésus offre n’est pas l’absence de conflit extérieur, mais une harmonie profonde avec soi-même, les autres, et avec Dieu.
Le Temps de la Visite
Jésus dénonce le fait que Jérusalem n’a « pas reconnu le temps où Dieu te visitait ». Ce temps de la visite, c’est le présent, l’occasion offerte d’accueillir la Parole de Dieu et sa présence transformatrice.
Pour nous, la méditation nous pousse à nous demander : Quel est le temps de ma visite ? Chaque jour, chaque rencontre, chaque épreuve, est potentiellement un moment où Dieu nous « visite », où une opportunité de croissance spirituelle ou d’amour se présente. Sommes-nous capables de les reconnaître maintenant, avant qu’il ne soit trop tard et que nous soyons écrasés par les conséquences de nos choix d’indifférence ou de fuite ?
Méditation : L’Urgence de Voir Clair
- Silence et Intériorité : Prenez un instant pour vous centrer. Imaginez la scène : Jésus pleurant. Laissez son chagrin vous toucher.
- « Ce qui donne la paix » : Qu’est-ce qui, concrètement dans ma vie, me donne la paix véritable, celle qui dure ? Est-ce mon travail, mes possessions, mes divertissements, ou est-ce l’attention portée aux autres, le pardon donné et reçu, l’amour gratuit ? Souvent, la paix se trouve dans la simplicité et le don, que nous négligeons au profit de la complexité et de la possession.
- La « Pierre sur Pierre » : L’image de la destruction (« ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre ») symbolise l’écroulement de nos fondations illusoires. Quelles sont les murailles que j’ai bâties autour de mon cœur pour me protéger et qui, en réalité, m’isolent de la paix ? Quelle fausse sécurité suis-je en train de construire, qui risque de s’effondrer ?
- Reconnaître la Visite : Quels sont les signes de la présence de Dieu ou de l’appel à l’amour dans ma journée d’aujourd’hui ? Dans la demande d’aide d’un proche, dans une intuition de générosité, dans un moment de silence ? Je prie pour avoir des yeux pour voir ces moments.
- L’Urgence : La lamentation de Jésus est un appel urgent à ne pas remettre à demain l’accueil de la paix. Je prends la résolution de poser un petit geste aujourd’hui, un geste qui est une réponse active à l’amour de Dieu et qui me rapproche de la paix.

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