Ce conte est conçu pour être lu pendant la veillée de Noël, avec une progression vers la messe de minuit. Vous pouvez l’adapter en insérant des pauses musicales (chants de Noël) ou des moments de prière.

Introduction (Avant la lecture du conte)
Chers amis, frères et sœurs, en cette sainte Veillée de Noël, nous nous préparons à accueillir la Lumière du monde. Avant que ne sonnent les douze coups de minuit, et que nous ne célébrions la naissance de l’Enfant-Jésus, laissons nos cœurs s’ouvrir.
Écoutons l’histoire d’Elsa, une femme qui avait éteint toutes les lumières de sa vie, et d’une petite fille, Léa, dont la simple foi l’a guidée sur le chemin du don et de la Nativité. Ce soir, à travers leur voyage, nous nous rappellerons que le plus beau des cadeaux de Noël est celui que nous faisons en ouvrant la porte de notre cœur à l’amour.
Première Partie : L’Ombre de la Solitude (Veillée de Noël)
C’était la veille de Noël, et un silence de neige enveloppait le petit village de Saint-Martin. Au cœur de ce village se dressait la vieille église, dont les fenêtres laissaient filtrer une faible lueur, promesse de la joie à venir.
Dans la rue la plus froide habitait Elsa, une femme d’un certain âge, dont le cœur, disait-on, s’était refermé comme une fleur au gel. Elle vivait seule, entourée de ses souvenirs, et n’ouvrait sa porte à personne. Pour elle, Noël n’était plus qu’une date sur un calendrier, un bruit lointain. Elle n’irait pas à la veillée, encore moins à la messe de minuit. Elle avait éteint toutes les lumières de sa maison pour ne pas voir le scintillement des décorations chez ses voisins.
Pourtant, cette année, quelque chose d’inhabituel se produisit.
Alors qu’Elsa s’apprêtait à se coucher, un léger tapotement se fit entendre à sa fenêtre. Elle hésita, puis écarta un coin du rideau. Dehors, dans la nuit, elle aperçut une petite fille, emmitouflée dans un manteau trop grand, le visage marqué par le froid, tenant à la main une simple lanterne.
« Madame, pardonnez-moi de vous déranger, » dit la petite voix, tremblante. « Ma lanterne s’est éteinte, et je cherche le chemin pour aller à l’église. J’ai peur du noir, et mes pieds ne sentent plus la route. »
Elsa aurait pu fermer le rideau, comme elle l’avait fait tant de fois face aux appels du monde. Mais il y avait une pureté désarmante dans les yeux de l’enfant.
« Pourquoi vas-tu à l’église seule, si tard ? » demanda Elsa, sa voix rouillée par le silence.
« Je vais offrir mon seul trésor à l’Enfant. Ce n’est pas grand-chose, juste une petite poupée de bois que mon papa a sculptée. Je crois qu’il sera heureux d’avoir un jouet. »
Elsa ouvrit la porte, et la chaleur de son foyer, si longtemps prisonnière, s’échappa dans l’air glacial. « Entre, enfant. Tu es glacée. »
La petite, qui s’appelait Léa, entra et s’assit près de la cheminée. Elsa lui donna une tasse de lait chaud. Pour la première fois depuis des années, elle s’occupait de quelqu’un d’autre que d’elle-même. Elle raconta à Léa l’histoire des mages, des bergers, de l’étoile. Elle revivait, mot après mot, le sens oublié de Noël.
(Pause : Insérer un chant de Noël sur l’attente ou la lumière.)
Deuxième Partie : Le Chemin Retrouvé (Transition vers la Messe)
Quand l’heure se fit plus tardive, Léa se leva. « Je dois y aller, Madame Elsa. Il faut que mon cadeau soit là quand l’horloge sonnera minuit. »
Elsa, sentant un frisson nouveau, non pas de froid, mais d’une chaleur oubliée, se retrouva à prendre son propre manteau.
« Je vais t’accompagner, » dit-elle, surprenant même ses propres oreilles. « Je connais un chemin plus sûr. »
Elles sortirent ensemble. Elsa tenait le bras de Léa. En marchant, elles croisèrent un vieil homme qui transportait des bûches. Il avait l’air épuisé.
Léa s’arrêta. « Monsieur, vous êtes si fatigué. » Elle prit sa poupée, le précieux cadeau qu’elle destinait à l’Enfant-Jésus. Elle la tendit au vieil homme. « Tenez, donnez ceci à votre enfant. Il est plus petit que l’Enfant-Jésus, et lui a déjà le monde pour cadeau. »
Le vieil homme fut ému aux larmes et la remercia du fond du cœur. Elsa resta pétrifiée. Elle donne son seul trésor.
Elles continuèrent. Elles croisèrent une jeune femme qui pleurait, car elle n’avait pas de bougie à allumer devant la crèche.
Elsa, sans même réfléchir, plongea la main dans sa poche et sortit une pièce d’argent qu’elle gardait jalousement. Elle la donna à la femme. « Achetez la plus belle bougie, ma fille. »
Léa lui sourit. « Vous avez allumé une lumière dans le cœur de cette dame, Madame Elsa. C’est le plus beau des cadeaux. »
(Pause : Insérer un chant de Noël sur la charité ou le don.)
Troisième Partie : La Vraie Lumière (Messe de Minuit)
Elles arrivèrent enfin à l’église. L’horloge commença à sonner les douze coups. La messe de minuit allait commencer.
En entrant, Elsa sentit le parfum de l’encens et entendit les voix chanter le Minuit, Chrétiens. Elle vit la crèche, les figurines de Marie, de Joseph, et le petit berceau vide, en attente.
Léa, n’ayant plus son cadeau, se mit à genoux devant l’autel. Elle joignit ses mains et ferma les yeux.
« Tu n’as plus rien à Lui offrir, ma petite, » chuchota Elsa.
Léa ouvrit les yeux, brillants comme des étoiles. « Si, Madame Elsa. Je Lui offre la plus belle des choses : votre présence ici, ce soir. En m’aidant, vous êtes devenue mon étoile. Et cela, c’est le plus précieux de tous les cadeaux de Noël, car cela vient du cœur. »
À cet instant, le prêtre s’avança pour déposer la figurine de l’Enfant-Jésus dans la crèche. Au même moment, un rayon de lune, traversant le vitrail de l’église, vint frapper l’épaule d’Elsa. Elle se sentit submergée, non pas de chagrin ou de solitude, mais d’une immense et douce chaleur.
Elle comprit : le vrai Noël n’était pas dans la possession, ni dans le souvenir amer, mais dans l’acte de donner, dans le fait d’ouvrir son cœur. C’était la naissance de la Lumière en elle-même, guidée par la simplicité et l’amour d’une enfant. Elsa s’agenouilla, les mains jointes, et pour la première fois en de longues années, elle retrouva la foi et la joie. Son cœur, qui avait été un hiver, s’était empli du printemps de la Nativité.
Et c’est ainsi qu’Elsa ne retourna jamais dans l’ombre, car la Lumière de l’Enfant de Bethléem, ravivée par l’amour, ne s’éteignit plus dans son cœur.
Conclusion (Après la lecture du conte, avant la Messe de Minuit)
L’histoire d’Elsa nous rappelle que l’étoile de Bethléem ne brille pas seulement dans le ciel, mais dans l’acte de charité le plus simple. Elsa a donné une pièce, Léa a donné sa poupée, mais toutes deux ont reçu la plus grande des grâces : le retour à la joie et à la foi.
En cet instant, où l’heure approche, où l’Enfant va naître, demandons au Seigneur d’allumer en nous aussi cette même lumière. Que nos cœurs ne soient plus des lieux de solitude, mais des crèches accueillantes, prêtes à recevoir l’amour et la miséricorde que le Christ vient nous offrir.

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