L’Evangile

« Le règne de Dieu est au milieu de vous » (Lc 17, 20-25)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis la vigne, et vous les sarments, dit le Seigneur.
Celui qui demeure en moi et en qui je demeure,
celui-là porte beaucoup de fruit.
Alléluia. (Jn 15, 5)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    comme les pharisiens demandaient à Jésus
quand viendrait le règne de Dieu,
il prit la parole et dit :
« La venue du règne de Dieu n’est pas observable.
    On ne dira pas : “Voilà, il est ici !” ou bien : “Il est là !”
En effet, voici que le règne de Dieu est au milieu de vous. »
Puis il dit aux disciples :
« Des jours viendront
où vous désirerez voir un seul des jours du Fils de l’homme,
et vous ne le verrez pas.
    On vous dira : “Voilà, il est là-bas !” ou bien : “Voici, il est ici !”
N’y allez pas, n’y courez pas.
    En effet, comme l’éclair qui jaillit
illumine l’horizon d’un bout à l’autre,
ainsi le Fils de l’homme,
quand son jour sera là.
    Mais auparavant, il faut qu’il souffre beaucoup
et qu’il soit rejeté par cette génération. »

Sa réflexion

L’Évangile de Luc 17, 20-25 présente une révélation fondamentale de Jésus sur la nature et la venue du Règne de Dieu. Interrogé par les Pharisiens sur le moment où ce Royaume allait apparaître, Jésus brise toute attente d’un événement politique ou spectaculaire, visible aux yeux de tous.

Jésus affirme d’abord : « La venue du règne de Dieu n’est pas observable. On ne dira pas : ‘Voilà, il est ici !’ ou bien : ‘Il est là !’ En effet, voici que le règne de Dieu est au milieu de vous. »

Ce verset nous invite à un profond changement de perspective. Le Royaume n’est pas une réalité future, lointaine, ou un lieu géographique à atteindre. Il est une présence actuelle, dynamique et cachée, déjà à l’œuvre dans le monde et au cœur de l’humanité. Il ne s’agit pas de l’attendre passivement en levant les yeux au ciel, mais de le reconnaître et de le vivre activement dans le quotidien.

  • Le Royaume est une réalité intérieure et relationnelle : Il se manifeste dans la justice, la paix, l’amour, et la miséricorde qui se vivent entre les êtres. Il est dans la fidélité de l’instant présent.
  • Contre l’illusion du spectaculaire : Jésus dénonce la tentation humaine de chercher Dieu dans le sensationnel, l’éclat extérieur, ou les événements extraordinaires. La puissance de Dieu réside dans la non-évidence, dans l’humilité de sa présence au milieu des hommes.

Jésus s’adresse ensuite à ses disciples, annonçant les jours futurs où ils désireront ardemment sa présence. Il met en garde contre ceux qui annonceront sa venue ici ou là, les exhortant à ne pas les suivre : « N’y allez pas, n’y courez pas. »

La véritable révélation finale du Fils de l’homme sera incontestable et soudaine, comme l’éclair qui illumine tout l’horizon. C’est l’image d’un événement qui n’a besoin d’aucune annonce ni d’aucun guide terrestre, car il s’imposera par lui-même.

Cependant, avant cette gloire finale, Jésus rappelle l’étape cruciale : « Mais auparavant, il faut qu’il souffre beaucoup et qu’il soit rejeté par cette génération. »

Cette phrase est la clé de la compréhension du Royaume. Le chemin de la gloire passe par la Croix. La pleine manifestation du Royaume et du Fils de l’homme est précédée, et même établie, par le don de soi, la souffrance et le rejet. L’œuvre du salut n’est pas celle d’un conquérant terrestre, mais celle d’un serviteur qui accepte l’effacement et le sacrifice.

  • Le Modèle du Service : La souffrance et le rejet de Jésus montrent que le chemin pour vivre et propager le Royaume passe souvent par l’humiliation et le service désintéressé, et non par le pouvoir ou l’acclamation.

Lc 17, 20-25 est un appel à la vigilance spirituelle. Le Royaume de Dieu n’est pas un concept abstrait ni une utopie lointaine, mais une réalité active qui nous interpelle maintenant.

La vraie question n’est donc pas : « Quand vient le Règne de Dieu ? » mais : « Suis-je prêt à reconnaître et à accueillir le Règne qui est déjà au milieu de moi, même s’il ne se manifeste pas avec éclat ? »

Il nous invite à décentrer notre regard : à ne plus chercher les signes grandioses de la fin des temps, mais à embrasser l’humilité et l’engagement du présent, là où l’amour, la justice, et la charité incarnent déjà le Royaume, à l’image du Fils de l’homme, dont la souffrance fut la porte de la gloire.


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