Journée Internationale pour l’Élimination de la Pauvreté (17 octobre 2025)

L’année 2025 ne nous demande plus seulement de reconnaître la pauvreté ; elle nous oblige à examiner comment nous la produisons et la perpétuons. La pauvreté, dans notre monde hyper-riche et ultra-connecté, n’est plus une fatalité, mais la preuve d’une fracture sociale et éthique profonde.

1. La Pauvreté au-delà de l’Euro : La Violence Institutionnelle

L’actualité de 2025 met en lumière que la misère monétaire n’est que la pointe visible de l’iceberg. Le véritable drame est celui de la maltraitance sociale et institutionnelle.

Nous vivons dans des sociétés où l’accès aux droits fondamentaux (logement, emploi stable, soins) est rendu si complexe, si humiliant et si stigmatisant que la non-assistance devient un système :

  • La honte du non-recours : Des millions de personnes n’accèdent pas aux aides auxquelles elles ont droit, non par choix, mais par la complexité des démarches, la peur du jugement ou la perte de dignité infligée par la bureaucratie. La pauvreté n’est plus seulement une condition, c’est une identité subie.
  • La pénalisation de la solidarité : Des mécanismes sociaux, comme la pénalisation de la cohabitation pour les bénéficiaires de certaines aides, découragent l’entraide naturelle et fragmentent les liens familiaux ou amicaux, isolant encore davantage les plus fragiles.

La réflexion humaine profonde est là : avons-nous créé des filets de sécurité conçus pour punir la détresse plutôt que pour soutenir l’élan de vie ?

2. Le Multiplicateur de Menaces : Climat et Inégalités

En 2025, il est impossible de parler de pauvreté sans parler de justice climatique. La crise environnementale agit comme un multiplicateur de menaces qui creuse l’écart entre les plus riches et les plus démunis.

  • L’Injustice de l’Empreinte : Les 1 % les plus riches du monde émettent des quantités de gaz à effet de serre massives, mais ce sont les populations les plus pauvres – celles qui contribuent le moins au réchauffement – qui subissent les conséquences de plein fouet (inondations, sécheresses, insécurité alimentaire).
  • L’Économie de l’Improvisation : Les catastrophes climatiques entraînent des destructions de récoltes, des déplacements massifs et des crises sanitaires, forçant les populations déjà précaires à vivre dans l’urgence permanente. La pauvreté devient alors un état de vulnérabilité extrême face à un futur incertain.

La véritable question pour notre génération n’est pas de donner, mais de cesser de prendre et de réparer l’injustice systémique entre ceux qui polluent et ceux qui paient le prix de la pollution.

3. Réinventer le « Nous » par la Solidarité Vécue

L’élimination de la pauvreté ne se fera pas par un simple ajustement des chiffres, mais par une réinvention du « Nous » collectif.

  • Le travail sur la Dignité : Le premier pas est de redonner la parole et le pouvoir d’agir aux personnes en situation de pauvreté. C’est reconnaître leur expertise de vie et les inclure à la table des décisions qui les concernent. Lutter contre la misère, c’est d’abord lutter contre l’effacement et le mépris.
  • Le Contrat Social de la Résilience : Face à l’incertitude du climat et du marché du travail (impact de l’IA, informalité persistante), notre société doit bâtir une nouvelle forme de sécurité fondamentale pour tous. Cela passe par un accès véritable au logement décent, à l’éducation de qualité (comme levier d’égalité des chances) et à des systèmes de protection sociale réellement protecteurs.

Le 17 octobre 2025 est un miroir tendu à notre humanité : nous sommes tous liés. La pauvreté n’est pas le problème des pauvres ; c’est la faillite morale de toute la société. Seule une action juste, résiliente et fondamentalement unie nous permettra de tourner la page de la misère.

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