
Il était une fois un petit village perché sur une colline. Ses habitants vivaient des jours simples, mais depuis quelque temps, tout semblait aller de travers. La pluie ne venait plus, les récoltes séchaient, et la fatigue avait remplacé la joie. Alors un matin, le maire du village convoqua tout le monde sur la place et déclara :
— Nous devons prier pour un signe, un miracle, quelque chose qui nous montre que tout va s’arranger.
Les jours passèrent. Chacun attendait le signe promis. On scrutait le ciel, on guettait les nuages, on espérait un arc-en-ciel, un éclair, un bruit venu du ciel. Mais rien. Le soleil brûlait toujours les champs, et la poussière recouvrait tout.
Un enfant, Tom, observait les adultes avec curiosité. Il voyait leur impatience, leurs prières, leurs plaintes. Un jour, il décida de sortir du village pour se promener dans les collines. Là, il trouva un vieux puits abandonné, à moitié recouvert de pierres. Il pensa : “Et si de là pouvait venir notre eau ?” Il prit une pelle et commença à dégager le puits.
Au début, personne ne le prit au sérieux. On se moquait même un peu de lui. “Tu crois vraiment qu’un gamin peut faire jaillir un miracle ?” disaient les villageois. Mais Tom continua, jour après jour. Peu à peu, quelques enfants vinrent l’aider, puis des adultes. Ensemble, ils retirèrent les pierres, nettoyèrent le fond, réparèrent les seaux.
Une semaine plus tard, en creusant un peu plus profond, un jet d’eau claire jaillit soudain du sol. Tous restèrent bouche bée. La source coulait à nouveau. Les habitants burent, rirent, chantèrent. Le maire, ému, dit à haute voix :
— Voilà le signe que nous attendions ! Le miracle est arrivé !
Mais Tom, les mains couvertes de terre, répondit simplement :
— Ce n’est pas un miracle. C’est juste qu’on a arrêté d’attendre et qu’on s’est mis à agir ensemble.
Depuis ce jour, le village ne chercha plus de signes venus du ciel. On avait compris que les vrais miracles naissent souvent de nos propres mains, de notre courage, de notre solidarité.
Et quand quelqu’un, plus tard, murmurait encore : “J’aimerais bien voir un signe”, les anciens répondaient en souriant :
— Ouvre les yeux. Il est déjà là, dans ce que tu fais, dans ceux qui t’entourent.
Et le puits de Tom, au milieu du village, continuait de couler, comme un rappel silencieux que les plus beaux miracles ne tombent pas du ciel : ils jaillissent du cœur humain.

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