L’Evangile

« Seigneur, apprends-nous à prier » (Lc 11, 1-4)

Alléluia. Alléluia.
Vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ;
c’est en lui que nous crions « Abba », Père.
Alléluia. (Rm 8, 15bc)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Il arriva que Jésus, en un certain lieu, était en prière.
Quand il eut terminé,
un de ses disciples lui demanda :
« Seigneur, apprends-nous à prier,
comme Jean le Baptiste, lui aussi, l’a appris à ses disciples. »
    Il leur répondit :
« Quand vous priez, dites :
“Père,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne.
    Donne-nous le pain
dont nous avons besoin pour chaque jour
    Pardonne-nous nos péchés,
car nous-mêmes, nous pardonnons aussi
à tous ceux qui ont des torts envers nous.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation.” »

Sa réflexion

« Seigneur, apprends-nous à prier »

Dans cet évangile, les disciples demandent à Jésus de leur apprendre à prier. Il leur donne alors quelques mots très simples, qui deviendront la prière du Notre Père. Ce n’est pas une formule magique, mais un chemin, une manière d’entrer dans la relation avec Dieu.

Dans notre monde actuel, saturé de bruits, d’écrans, d’informations et de sollicitations permanentes, la prière semble parfois être un luxe ou une perte de temps. Et pourtant, elle devient d’autant plus nécessaire. Elle est cet espace de respiration intérieure, ce lieu où l’on se recentre, où l’on se déconnecte du superficiel pour se relier à l’essentiel.

Dire « Notre Père », c’est rappeler que nous ne sommes pas seuls, que nous faisons partie d’une humanité reliée. Dans une société où l’individualisme s’accentue, cette ouverture change notre regard : je ne dis pas « mon Père » mais « notre Père ». La prière devient ainsi une école de fraternité et de responsabilité envers les autres.

« Que ton règne vienne » : face aux injustices, aux violences, aux guerres et aux divisions, ces mots sont une protestation et un acte d’espérance. Ils signifient : nous ne voulons pas que la haine et l’injustice aient le dernier mot, nous croyons qu’un autre monde est possible.

« Donne-nous chaque jour notre pain » : à une époque où certains gaspillent pendant que d’autres meurent de faim, cette demande nous pousse à réfléchir à notre consommation, à notre partage, à notre solidarité.

Enfin, « pardonne-nous… car nous-mêmes nous pardonnons » : dans un monde où les rancunes s’accumulent, où les conflits se figent, la prière ouvre un chemin de réconciliation. Le pardon n’efface pas le passé mais libère l’avenir.

Méditation

Fermer les yeux quelques instants et respirer. Répéter doucement :

  • « Notre Père » : me rappeler que je suis fils, fille, frère, sœur… pas isolé mais relié.
  • « Que ton règne vienne » : offrir à Dieu mes colères, mes inquiétudes pour le monde, et croire en un avenir de paix.
  • « Donne-nous notre pain » : remercier pour ce que j’ai, penser à ceux qui manquent de l’essentiel, et me demander comment partager.
  • « Pardonne-nous » : déposer mes blessures, reconnaître mes failles, et choisir de ne pas enfermer l’autre dans ses erreurs.

Dans le tumulte de 2025, la prière du Notre Père demeure un phare. Elle ne change pas d’abord le monde autour de moi, mais elle change mon cœur. Et c’est ainsi que, petit à petit, le monde peut aussi se transformer.

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