
Il était une fois, dans une clairière, un jeune arbre qui poussait droit, comme tous les autres. Mais il rêvait d’être remarqué. “Si je grandis plus haut et plus droit que mes frères, pensa-t-il, on m’admirera de loin.”
Alors il s’étira, encore et encore, cherchant à dépasser tous les autres. Rapidement, il devint l’arbre le plus grand de la clairière. Les oiseaux venaient se poser sur ses branches, les promeneurs levaient la tête pour l’admirer. L’arbre se sentait fier.
Mais au fil du temps, il se rendit compte que son tronc trop élancé le rendait fragile. Le vent le secouait violemment, et ses racines, fatiguées de porter tant de hauteur, commençaient à souffrir.
Un jour, une tempête éclata. L’arbre, malgré sa force apparente, se fendit. Il resta debout, mais blessé, affaibli. Alors il pensa : “Ai-je grandi pour moi seul ? Qu’ai-je apporté aux autres ?”
Pendant qu’il réfléchissait, il vit ses voisins plus modestes. Moins hauts, mais solides, ils formaient ensemble un abri pour les fleurs, les insectes, et même pour les enfants qui venaient jouer sous leur ombre.
Alors, à partir de ce jour, l’arbre décida de grandir autrement. Il ne chercha plus à être le plus haut. Il laissa ses branches s’élargir, s’étendre de travers, pour créer un vaste couvert. Peu à peu, les oiseaux y firent leur nid, les voyageurs trouvèrent refuge à son ombre, et même ses frères plus petits profitèrent de sa protection.
L’arbre comprit alors une grande vérité : vouloir briller seul rend fragile, mais s’élargir pour les autres rend fort et fécond.
Et il devint, non plus l’arbre le plus admiré, mais l’arbre le plus aimé de la clairière.
Morale :
Celui qui cherche seulement à grandir pour lui-même s’expose à la solitude et à la fragilité. Mais celui qui accepte de s’élargir pour accueillir, protéger et soutenir, découvre une force nouvelle : celle de l’amour partagé. Car l’épanouissement véritable ne se vit pas seul, mais ensemble.

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