Il était une fois, dans un village prospère, un marchand très habile. Sa boutique était toujours pleine : il vendait du grain, des fruits et des épices venues de loin. Mais il avait un secret : sa balance était faussée. Chaque client repartait en croyant avoir payé le juste prix, alors qu’en réalité, il se faisait tromper.

Personne n’osait rien dire. On murmurait dans les rues :
— « Oui, il triche… mais que pouvons-nous faire ? »
Certains avaient peur, d’autres préféraient fermer les yeux, car le marchand était puissant et influent.
Un jour, une jeune fille du village, prénommée Lila, vint acheter du blé. En posant sa main sur le sac, elle remarqua qu’il semblait plus léger que ce qu’annonçait la balance. Alors, devant tout le monde, elle dit calmement :
— « Ta balance est fausse. Tu trompes les gens. Ce n’est pas juste. »
Un silence lourd tomba dans la boutique. Le marchand se mit à rire pour la ridiculiser :
— « Et qui es-tu, petite, pour oser me donner des leçons ? »
Mais Lila répondit :
— « Je ne suis qu’une fille du village. Mais la vérité ne dépend pas de la force ou de la richesse. La vérité, c’est que chacun mérite le juste prix pour son travail et sa peine. Tromper les faibles, ce n’est pas de l’habileté, c’est de la lâcheté. »
Les clients présents commencèrent à murmurer, puis à s’indigner. L’un après l’autre, ils confirmèrent qu’ils avaient eux aussi remarqué des injustices. Ce jour-là, le marchand comprit que son pouvoir ne tenait qu’au silence des autres. Mis face à la vérité, il dut changer de pratique.
Le village retrouva confiance, et chacun apprit une grande leçon : le véritable “qualité-prix” n’est pas dans les affaires louches ni dans le profit rapide, mais dans la justice et la dignité. Car ce que l’on gagne en trompant, on le perd en honneur.
Et depuis ce jour, on disait à propos de Lila :
— « Elle est jeune, mais elle a rappelé au village que dénoncer l’injustice, c’est protéger la vraie valeur des choses et la dignité des personnes. »

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