Dans notre quotidien, l’amour est souvent vu comme un sentiment, une émotion. On l’attend des autres, on le désire, mais on a parfois du mal à le donner. On s’aime souvent à condition que l’autre soit à la hauteur de nos attentes. On pardonne à condition que la personne ait « mérité » notre pardon. Mais si la véritable capacité d’aimer découlait d’une source plus profonde ? Si elle provenait de l’expérience d’avoir été pardonné soi-même, sans condition ?

Le miroir de nos imperfections
L’évangile nous montre que la véritable capacité d’aimer découle de l’expérience du pardon divin. Pensez à cette femme, dans l’histoire de Luc 7. Elle est une « pécheresse », jugée et condamnée par tous. Pourtant, dans son geste d’amour radical, elle montre qu’elle a plus de capacité à aimer que Simon le pharisien. Pourquoi ? Parce qu’elle a conscience de ses erreurs, de ses faiblesses. Elle sait qu’elle a besoin du pardon, et elle en fait l’expérience. C’est cette reconnaissance qui la rend capable d’un amour aussi immense.
Simon, lui, se croit juste. Il pense qu’il n’a pas besoin de pardonner, et il ne reçoit donc pas la grâce d’aimer. Son cœur est dur. L’amour n’est pas une question de perfection, mais d’humilité.
Comment y arriver ? Le pardon comme point de départ
Dans notre vie quotidienne, cela peut sembler théorique. Mais le chemin vers cette capacité d’aimer est très concret. Il commence par accepter nos propres imperfections.
- Arrêter de se juger soi-même si durement. Nous passons une grande partie de notre temps à nous auto-flageller pour nos erreurs passées. C’est un poids qui nous empêche d’avancer et d’aimer. Si nous voulons aimer les autres, nous devons d’abord nous pardonner à nous-mêmes, non pas par autosuffisance, mais en reconnaissant notre besoin du pardon divin.
- Se tourner vers Dieu. C’est la source de tout amour. Dans la prière, dans le silence, nous pouvons lui confier nos faiblesses, nos échecs. Le pardon de Dieu n’est pas une récompense, mais un don gratuit qui nous libère.
- Pardonner aux autres, sans condition. C’est le test ultime. Si nous avons fait l’expérience du pardon de Dieu, il nous devient plus facile de pardonner à ceux qui nous ont blessés. C’est un choix difficile, mais c’est le seul qui nous libère de la rancune et nous ouvre le cœur à l’amour.
Le chemin n’est pas facile, mais il est libérateur. En acceptant d’abord notre propre besoin de pardon, nous ouvrons notre cœur à l’expérience du pardon de Dieu. Et c’est cette expérience qui nous rend capables, à notre tour, d’aimer véritablement, non pas de manière mesurée, mais de tout notre cœur.
Comment, dans votre vie, pouvez-vous concrètement mettre en pratique cette démarche de pardon et de libération ?

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