Il était une fois une ville bâtie au creux d’une vallée, la Cité des Mille Lumières. Ses habitants vivaient dans un tourbillon incessant de complexité. Ils s’étaient inventé des machines pour faire toutes les tâches, des lois pour régir le moindre de leurs faits et gestes, et des milliers de lumières pour chasser l’ombre de leurs nuits. Chacun collectionnait des objets rares, accumulait des savoirs complexes, et cherchait à être plus important que son voisin.

Un jour, une vieille femme nommée Élina arriva dans la cité. Elle ne portait rien d’autre qu’un baluchon, n’avait aucune possession, et se contentait de s’asseoir sur un banc pour regarder passer les gens. Les habitants la trouvaient étrange. Ils l’interrogèrent : « Pourquoi ne faites-vous rien ? Pourquoi ne cherchez-vous pas à être riche ou puissant ? »

Élina souriait doucement. « Je suis riche de ce que je n’ai pas, » répondit-elle.

Un jeune homme, intrigué, décida de la suivre. Il vit Élina ramasser un caillou qu’elle trouva beau. Elle s’arrêta pour écouter le chant d’un oiseau qu’elle n’avait jamais entendu. Elle s’émerveilla de la façon dont le soleil faisait scintiller une goutte d’eau sur une feuille. Elle était pleine de joie, mais sa joie ne venait d’aucun bien matériel ou d’aucun savoir complexe. Elle venait de la simplicité de son regard.

Le jeune homme, qui passait son temps à collectionner des objets précieux, réalisa soudain la vérité. Toutes ses richesses ne lui avaient jamais procuré un tel sentiment de bonheur. Il avait tellement cherché à posséder qu’il avait oublié de vivre.

Petit à petit, d’autres habitants de la Cité des Mille Lumières commencèrent à suivre Élina. Ils apprirent d’elle à apprécier la beauté d’un simple lever de soleil, le goût d’un pain partagé, le bonheur d’un instant présent. Les machines devinrent moins importantes, les lois s’assouplirent, et les lumières de la ville s’éteignirent peu à peu, laissant place à la clarté des étoiles.

La ville ne perdit pas sa lumière. Au contraire, elle en gagna une nouvelle, plus douce et plus vraie. Ce n’était plus la lumière des machines, mais celle des cœurs qui avaient appris à se contenter de l’essentiel. C’est ainsi que la Cité des Mille Lumières devint un lieu où l’on pouvait enfin voir la véritable richesse de la vie.

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