L’odyssée de l’identité : Un voyage de la fuite à la vie

Le film « Va, vis et deviens » est bien plus qu’une simple histoire de réfugiés éthiopiens. C’est une puissante réflexion philosophique et humaine sur la quête d’identité, la force de la résilience et le sens profond du mot « famille ». À travers le parcours de Schlomo, le film nous interroge sur ce qui nous définit : notre sang, notre histoire ou nos choix de vie ?
La complexité de l’identité
Schlomo est confronté à un dilemme existentiel dès son plus jeune âge : pour être sauvé, il doit se faire passer pour un Juif. Ce mensonge initial, motivé par la survie, le poursuit toute sa vie. Son nom, sa religion, ses origines : tout ce qui devrait le définir est une construction artificielle. La question qui se pose est alors : notre identité est-elle une vérité immuable ou un récit que nous construisons ? Le film nous suggère que l’identité n’est pas figée. Elle se forge au fur et à mesure de nos rencontres, de nos épreuves et de nos choix. La « véritable » identité de Schlomo ne réside pas dans son passé, mais dans la manière dont il vit son présent et construit son avenir. Il est à la fois Juif par l’éducation qu’il a reçue, Éthiopien par son héritage et Français par son pays d’accueil. Il est un symbole de la richesse d’une identité plurielle.
La résilience et la dignité
Malgré les épreuves, la solitude et les tourments liés à son secret, Schlomo fait preuve d’une résilience extraordinaire. Il ne se laisse pas définir par son statut de réfugié. Il étudie, il travaille, il s’intègre, tout en gardant en lui la mémoire de son peuple et de sa mère. La dignité dont il fait preuve est une leçon pour nous tous. Elle nous rappelle que, quelles que soient les difficultés, nous avons le pouvoir de choisir comment nous y faisons face. Schlomo ne se contente pas de « survivre », il décide de vivre. Il embrasse sa nouvelle vie, tout en restant fidèle à ses racines.
Qu’est-ce qu’une famille ?
L’une des thématiques les plus touchantes du film est la redéfinition de la famille. Schlomo est séparé de sa mère biologique, mais il est accueilli par une nouvelle famille qui l’aime et le protège. Ce lien du cœur, qui n’est pas un lien du sang, est tout aussi fort, si ce n’est plus. Le film nous pousse à dépasser la notion traditionnelle de famille. Il nous montre que l’amour, la solidarité et le soutien mutuel peuvent créer des liens aussi solides que ceux de la filiation. À la fin du film, quand Schlomo, devenu adulte, revoit sa mère, il comprend que sa famille n’est pas seulement celle qu’il a retrouvée en Éthiopie, mais aussi celle qui l’a élevé en France. Sa vie est un pont entre deux mondes, et sa famille en est le pilier. C’est le message final du film : la vie se construit, les liens se tissent, et l’amour transcende toutes les frontières.

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