Le Christ au centre de notre vie : un chemin de disciples

La liturgie du 23e dimanche ordinaire de l’année C, en particulier les lectures de l’évangile de Luc, nous invite à une réflexion radicale sur ce que signifie suivre le Christ. Il ne s’agit pas d’une adhésion superficielle, d’une simple fréquentation de l’église, mais d’un engagement total qui remet en question nos priorités, nos attachements et nos relations. Se préparer à vivre ce dimanche, c’est se préparer à recevoir une Parole exigeante qui nous invite à un véritable discernement.
Le prix du disciple : un amour de préférence
L’évangile (Lc 14, 25-33) nous confronte à des paroles dures de Jésus : « Si quelqu’un vient à moi sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. » Cette expression, choquante pour nos oreilles modernes, n’est pas un appel à la haine littérale, mais une hyperbole sémitique qui souligne la nécessité de donner la première place à Dieu. Le mot « haïr » signifie ici « aimer moins » ou « passer après ». Le Christ ne nous demande pas de renoncer à nos familles ou à notre vie, mais d’aimer Dieu d’un amour si exclusif et si puissant qu’il éclipse tout le reste.
Cette exigence nous invite à nous interroger :
- Qu’est-ce qui occupe la première place dans ma vie ? Est-ce mon travail, mes loisirs, ma famille, ma réputation ?
- Suis-je prêt à laisser tomber mes certitudes, mes plans, mes conforts pour suivre le Christ ? La vie chrétienne n’est pas un chemin de facilité, mais un chemin de croix.
Du coût à la construction : la sagesse de la foi
Jésus poursuit sa parabole en parlant de la construction d’une tour et de l’entrée en guerre. Le message est clair : il faut calculer le coût avant de s’engager. Le disciple est invité à un acte de lucidité et de sagesse. La foi n’est pas un saut dans l’inconnu sans réflexion, mais une décision mûrement réfléchie, qui prend en compte les sacrifices nécessaires. Nous devons être conscients du renoncement qu’implique la suite du Christ, mais aussi de la joie et de la plénitude qu’elle apporte.
Concrètement, comment vivre ce dimanche ?
Pour que ce dimanche ne soit pas seulement une écoute passive, mais une transformation concrète, nous pouvons :
- Réfléchir à nos attachements : Identifier dans notre vie ce qui prend la place de Dieu. Est-ce le besoin de sécurité matérielle, le regard des autres, une relation qui nous enferme ? S’engager à prier sur ces attachements et à les remettre entre les mains du Seigneur.
- Prier sur l’Évangile : Relire Lc 14, 25-33 en se posant la question : « Où en suis-je dans ma capacité à mettre le Christ au centre ? Qu’est-ce que le Seigneur me demande de « haïr » aujourd’hui pour mieux le suivre ? »
- Partager et servir : La foi ne se vit pas seul. L’amour du Christ nous pousse vers les autres. Chercher une occasion, ce dimanche, de rendre un petit service à quelqu’un, de partager une joie, ou simplement de tendre la main à ceux qui sont seuls. C’est dans ce geste que se concrétise notre amour pour le Seigneur.
- Célébrer l’Eucharistie : La messe dominicale est le lieu où nous recevons la force de vivre cet Évangile exigeant. C’est le Christ lui-même qui se donne à nous en nourriture, nous préparant à porter notre croix et à le suivre jusqu’au bout.
En préparant notre cœur à la messe de ce 23e dimanche, nous ne nous contentons pas de recevoir la Parole, nous nous engageons à la vivre, à devenir, à notre mesure, de vrais disciples de Jésus.

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