Il était une fois, dans un petit village niché au cœur des collines verdoyantes de Mons, vivait une jeune fille nommée Éloïse. Éloïse n’était pas comme les autres enfants. Alors que ses amis passaient leurs journées à courir dans les champs ou à grimper aux arbres, Éloïse, elle, possédait un don extraordinaire : elle pouvait « lire » les émotions des plantes.

Chaque fleur fanée lui murmurait sa soif, chaque arbre blessé lui racontait sa douleur. Elle savait quand une rose avait besoin d’un peu plus de soleil ou quand une herbe aromatique rêvait d’un sol plus riche. Mais Éloïse gardait son don secret, de peur d’être incomprise, voire moquée. Elle passait ses journées à s’occuper du petit jardin de sa grand-mère, qui, grâce à elle, était le plus luxuriant et le plus vibrant de tout le village.
Un jour, une ombre s’abattit sur Mons. Une étrange maladie commença à frapper les habitants, les laissant affaiblis et sans énergie. Les médecins étaient perplexes, et l’espoir s’amenuisait. Le maire du village lança un appel à l’aide, promettant une récompense à quiconque trouverait un remède.
Éloïse, déchirée par la souffrance qu’elle percevait chez les gens, sentit une vive douleur dans les plantes du jardin public. Elles aussi semblaient dépérir, comme si leur vitalité était drainée par le mal qui frappait le village. En les écoutant attentivement, elle entendit un murmure récurrent, une supplication venant des profondeurs de la terre. Les plantes pointaient du doigt un arbuste rare, le « Saule aux Éclats de Lune », dont on disait qu’il ne fleurissait qu’une fois par siècle et possédait des propriétés curatives miraculeuses. Mais cet arbuste, situé au sommet de la plus haute colline, était réputé inaccessible et protégé par des ronces épineuses.
La peur tenaillait Éloïse, mais l’urgence était trop grande. Elle décida de révéler son secret à sa grand-mère. La vieille femme, sage et bienveillante, écouta Éloïse avec attention. « Mon enfant, » dit-elle, « ton don n’est pas une faiblesse, c’est une bénédiction. Il est temps de le partager. »
Le lendemain matin, avec le soutien de sa grand-mère, Éloïse se présenta devant le maire. Elle expliqua son don et la vision qu’elle avait eue du Saule aux Éclats de Lune. Au début, les villageois furent sceptiques, mais l’espoir était si mince qu’ils acceptèrent de la suivre.
Guidée par les murmures des plantes, Éloïse les mena à travers la forêt dense et les sentiers escarpés. Grâce à son don, elle savait comment éviter les ronces les plus agressives et trouver le chemin le plus sûr. Quand ils arrivèrent au sommet, un spectacle incroyable les attendait. Le Saule aux Éclats de Lune, d’habitude gris et inerte, était en pleine floraison, ses feuilles étincelant d’une douce lumière argentée, comme si elles avaient capturé les rayons de la lune.

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