Sainte Thérèse de Lisieux, Marie Françoise Thérèse Martin, est une figure lumineuse de la spiritualité catholique, et ce, malgré sa courte vie (1873-1897). Inconnue de son vivant, elle est devenue, grâce à la publication posthume de ses écrits autobiographiques, Histoire d’une âme, l’une des plus grandes saintes des temps modernes, proclamée Docteur de l’Église par le pape Jean-Paul II. Son message, d’une simplicité et d’une profondeur bouleversantes, est une invitation à tous à la sainteté, non pas par des actions extraordinaires, mais par la « petite voie » de l’amour et de la confiance.

1. La « Petite Voie » de la confiance et de l’amour

Thérèse a découvert que la sainteté n’est pas réservée à une élite. Elle s’est reconnue comme une « petite âme » faible et imparfaite, incapable de gravir par ses propres forces « le rude escalier de la perfection ». C’est en réalisant sa petitesse qu’elle a trouvé son chemin vers Dieu : une voie d’abandon total, où l’on s’offre à la miséricorde divine comme un enfant qui se jette dans les bras de son père.

  • Leçon de Thérèse : Il n’est pas nécessaire d’accomplir des actes héroïques pour plaire à Dieu. Les « petites choses » du quotidien, les sacrifices et les humilités, si elles sont faites par amour, sont autant de marches vers le Ciel. Un sourire donné malgré la fatigue, une parole de charité envers une sœur agaçante, une patience dans la souffrance… tout devient un acte d’amour. Thérèse nous enseigne que la perfection réside non pas dans la grandeur de nos actions, mais dans la grandeur de notre amour.

2. L’amour miséricordieux de Dieu

Au cœur de la spiritualité de Thérèse se trouve sa découverte de l’Amour Miséricordieux de Dieu. Elle a compris que Dieu n’est pas un juge sévère, mais un Père infiniment tendre. L’abandon ne consiste pas à espérer être digne de son amour, mais à se savoir aimé malgré sa faiblesse et son péché. Pour Thérèse, même si elle avait commis tous les crimes, sa confiance resterait la même, car elle se jetterait dans les bras de Dieu, comme une goutte d’eau jetée dans un brasier ardent.

  • Leçon de Thérèse : Ne craignons pas nos faiblesses, mais offrons-les à Dieu avec confiance. C’est dans notre pauvreté que sa miséricorde peut agir. L’amour de Dieu est un amour qui se donne gratuitement, sans condition, et il nous appelle à une réponse d’amour, non pas par la peur, mais par la reconnaissance de sa bonté.

3. La Sainte Face, son modèle

Thérèse a ajouté à son nom de religieuse « de la Sainte Face ». La Sainte Face du Christ, défigurée par la Passion, est devenue le miroir de son âme. Elle y voyait l’abaissement de Dieu, sa pauvreté, son amour qui se donne jusqu’à l’extrême. C’est en contemplant cette Face qu’elle a appris à aimer la souffrance, non pour elle-même, mais comme une union avec le Christ.

  • Leçon de Thérèse : En contemplant la Sainte Face de Jésus, nous sommes invités à nous détacher de l’apparence, à ne plus rechercher les honneurs ou la gloire, mais à vivre cachés en Lui, dans l’humilité et l’amour, pour le salut des âmes.

Méditation

Sainte Thérèse nous montre un chemin simple et accessible à tous pour trouver la paix et la joie du Ciel, dès ici-bas. Son message est un antidote à notre société de la performance et de la réussite. Elle nous invite à :

  • Accepter notre petitesse et notre faiblesse. Cessons de vouloir être des héros de la foi. Nous sommes de « petites âmes » infiniment aimées de Dieu.
  • Vivre l’instant présent avec amour. Chaque petite action, chaque sacrifice, chaque parole peut devenir un acte d’amour.
  • Faire une confiance totale en la Miséricorde de Dieu. Ne craignons pas de l’offenser, mais de ne pas assez lui faire confiance.
  • Prier avec le cœur. La prière n’est pas une récitation de formules, mais une conversation simple, d’enfant à Père.

Thérèse nous a promis de « passer son Ciel à faire du bien sur la terre ». En ce jour, nous pouvons nous tourner vers elle et lui demander de nous enseigner sa « petite voie », de nous aider à grandir dans la confiance et de nous conduire sur le chemin de l’amour, le seul qui mène à la vraie sainteté.

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