L’Evangile

« Tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce » (Mt 22, 1-14)

Alléluia. Alléluia.
Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur,
mais écoutez la voix du Seigneur.
Alléluia. (cf. Ps 94, 8a.7d)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    Jésus se mit de nouveau à parler
aux grands prêtres et aux anciens du peuple,
et il leur dit en paraboles :
    « Le royaume des Cieux est comparable
à un roi qui célébra les noces de son fils.
    Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités,
mais ceux-ci ne voulaient pas venir.
    Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités :
“Voilà : j’ai préparé mon banquet,
mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ;
tout est prêt : venez à la noce.”
    Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent,
l’un à son champ, l’autre à son commerce ;
    les autres empoignèrent les serviteurs,
les maltraitèrent et les tuèrent.
    Le roi se mit en colère,
il envoya ses troupes,
fit périr les meurtriers
et incendia leur ville.
    Alors il dit à ses serviteurs :
“Le repas de noce est prêt,
mais les invités n’en étaient pas dignes.
    Allez donc aux croisées des chemins :
tous ceux que vous trouverez,
invitez-les à la noce.”
    Les serviteurs allèrent sur les chemins,
rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent,
les mauvais comme les bons,
et la salle de noce fut remplie de convives.

  Le roi entra pour examiner les convives,
et là il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce.
    Il lui dit :
“Mon ami, comment es-tu entré ici,
sans avoir le vêtement de noce ?” 
L’autre garda le silence.
    Alors le roi dit aux serviteurs :
“Jetez-le, pieds et poings liés,
dans les ténèbres du dehors ;
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.”

    Car beaucoup sont appelés,
mais peu sont élus. »

Sa réflexion

Cette parabole des noces, racontée par Jésus, est une image puissante du Royaume des cieux. Elle nous invite à une profonde réflexion sur notre propre réponse à l’invitation divine.


Le Banquet du Royaume

Le roi, qui représente Dieu, prépare un festin grandiose, symbolisant la joie, la plénitude et l’union avec Lui. Le festin de noces est le sommet de la fête, un moment de célébration ultime. Les premiers invités, le peuple d’Israël, sont appelés à partager cette joie. Cependant, ils refusent. Leurs raisons sont variées : certains sont occupés par leurs affaires (leur champ, leur commerce), d’autres sont hostiles et maltraitent les serviteurs (les prophètes).

Cette première partie de la parabole nous interpelle : à quelles invitations de Dieu disons-nous « non » ? Parfois, ce n’est pas un refus violent, mais un simple délaissement. Nous sommes trop absorbés par nos occupations quotidiennes, nos soucis matériels, nos ambitions personnelles, pour faire de la place à Dieu. Nous disons, sans nous en rendre compte, « je n’ai pas le temps ». La parabole nous révèle la gravité de ce refus : il est un affront au roi.


L’Invitation Universelle

Face au refus des premiers invités, le roi ne renonce pas à son projet de festin. Il envoie ses serviteurs sur les chemins et les carrefours, pour inviter « tous ceux qu’ils trouveront, les mauvais comme les bons ». C’est une image magnifique de la miséricorde et de la grâce de Dieu. Son invitation s’étend à tous, sans distinction de mérite, de statut ou de passé. Les publicains, les pécheurs, les païens, tous sont appelés. La salle de noces se remplit, non pas des « méritants », mais de ceux qui ont accepté l’invitation.

Cette partie de la parabole nous montre que le Royaume de Dieu n’est pas réservé à une élite. Il est ouvert à tous, et la seule condition d’entrée est de répondre « oui » à l’appel.


Le Vêtement de Noces

Le dernier acte de la parabole est surprenant et nous met mal à l’aise. Un convive est exclu car il n’a pas le vêtement de noces. On pourrait s’étonner de cette exigence, alors que les invités ont été ramassés à la hâte. Mais ce vêtement ne se réfère pas à un habit matériel. C’est un symbole. Il représente notre disposition intérieure, notre conversion du cœur, notre volonté de nous laisser transformer par l’amour de Dieu.

Ce vêtement, c’est la foi et la charité. C’est le cœur purifié par la grâce de Dieu et par notre repentir. On ne peut pas simplement « entrer » dans le Royaume par hasard ou par simple curiosité. L’entrée exige une réponse personnelle et un engagement. Il ne suffit pas d’être dans la salle, il faut être prêt pour la fête, avoir revêtu le « vêtement du Christ » (Galates 3, 27). L’homme qui ne le porte pas est dans une attitude de refus passif ; il a dit oui à l’entrée, mais non à la transformation qu’elle implique.


Conclusion

La parabole nous interpelle sur notre propre rapport à la foi.

  • Sommes-nous comme les premiers invités, trop occupés pour Dieu ?
  • Avons-nous répondu à l’appel de Dieu, comme les convives des carrefours ?
  • Portons-nous le vêtement de noces, signe de notre conversion et de notre engagement ?

Finalement, la conclusion de Jésus, « Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus », ne doit pas être vue comme une sélection arbitraire de Dieu. Elle est un rappel de notre liberté et de notre responsabilité. Nous sommes tous appelés. Mais l’élection, c’est-à-dire l’accès à la joie du Royaume, dépend de notre réponse libre et de notre engagement à vivre en disciples du Christ. C’est un appel à l’introspection : suis-je simplement un invité passager, ou un vrai convive, vêtu de l’amour de Dieu ?

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