Il était une fois, dans un petit village niché au creux des montagnes, un horloger nommé Élie. Élie était un homme bon et pieux, mais il avait une mauvaise habitude : celle de s’inquiéter de tout, tout le temps. Il s’inquiétait pour sa récolte, pour sa petite boutique qui ne faisait pas beaucoup d’affaires, et surtout, il s’inquiétait pour sa vieille montre de poche, un héritage de son père. C’était son trésor le plus précieux, car elle mesurait le temps avec une précision parfaite.

Un jour, alors qu’il se promenait dans la forêt, il perdit sa montre. Il la chercha partout, retournant chaque pierre, fouillant chaque buisson, mais en vain. Anéanti, il rentra chez lui, convaincu que sa malchance le poursuivait.

Le lendemain, Élie se rendit chez le boulanger pour acheter du pain. En chemin, il aperçut un vieil homme assis sur un banc, l’air perdu. Il s’approcha et engagea la conversation. Le vieil homme lui raconta qu’il était venu de loin pour vendre des graines de sagesse, mais qu’il n’avait rien mangé de la journée. Ému, Élie lui offrit son pain. Le vieil homme, reconnaissant, lui donna en échange une petite boîte en bois.

« Ce sont des graines de sagesse, » dit-il. « Plante-les et aie confiance. »

Élie, un peu sceptique, rentra chez lui et planta la graine dans un pot de terre. Mais il ne pouvait s’empêcher de penser à sa montre perdue. Il s’inquiéta tant pour cette montre que sa femme, une femme sage, lui dit : « Élie, tu as perdu la montre qui mesurait le temps, mais as-tu perdu ta foi en celui qui est le Maître du temps ? »

Ces mots touchèrent Élie en plein cœur. Il décida alors de ne plus s’inquiéter. Il arrosa sa graine de sagesse avec l’eau de la confiance et, jour après jour, il la regarda grandir. Un matin, une magnifique fleur dorée éclot. Au milieu de la fleur, se trouvait sa montre, intacte et toujours à l’heure.

Élie comprit alors. Sa montre avait été perdue pour qu’il puisse se libérer de son anxiété. Sa générosité envers le vieil homme, ce geste gratuit, était la condition pour que la providence divine puisse se manifester. Il avait fallu qu’il lâche prise sur ce qu’il croyait être précieux pour recevoir quelque chose de bien plus grand : la foi et la confiance en Dieu.

À partir de ce jour, Élie ne s’inquiéta plus de rien. Il avait compris que la providence divine ne se mesurait pas en heures ou en minutes, mais en actes de foi et en cœurs généreux. Et il savait qu’en donnant, on reçoit toujours plus que ce qu’on a perdu.

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